Les contribuables suisses ont aussi leurs paradis fiscaux…

… et ce sont des pays européens tout proches !

Que n’a-t-on dénoncé tous ces Français qui se réfugient en Suisse pour éviter de payer leurs impôts en France. Une fausse « idée reçue » : 99,5% des Français vivant en Suisse y sont pour de toutes autres raisons et payent leurs impôts (200 000 Français sont domiciliés en Suisse). Les autres, quelque 1000 très riches Français, y bénéficient d’un régime de forfait qui leur permet de réduire à une fraction leurs impôts.  Ils sont les réfugiés fiscaux si souvent dénoncés.

Contrairement à une autre « idée reçue », en 2011 les impôts ont été plus élevés à Genève qu’à Paris.  Les mêmes causes, les mêmes effets. De riches suisses cherchent aussi à s’expatrier dans des paradis fiscaux. Paradoxe, ces paradis sont des pays européens proches qui à Bruxelles dénoncent les turpitudes fiscales de la Suisse.

Monaco est la destination favorite des retraités suisses qui cherchent le soleil et la mer bleue sur un rocher aride surpeuplé. Aucun impôt, ni sur le revenu, ni sur la fortune, même pas d’impôt foncier ou sur les successions, le paradis. Les liens de Monaco avec la France sont très étroits au point que des fonctionnaires français sont détachés à la tête de services de l’administration fiscale monégasque.

La Belgique est souvent citée comme autre paradis fiscal. Du fait de sa proximité immédiate, et de son affinité culturelle avec la Wallonie, elle intéresse en particulier les Français fortunés du nord de la France. Pour les Suisses, les avantages fiscaux sont bien supérieurs de l’autre côté de la Manche.

La Grande Bretagne constitue leur éden fiscal. La formule géniale trouvée par l’administration fiscale londonienne de « résidents non domiciliés » leur ouvre la porte de l’évasion fiscale légale.  Ils ne règlent leurs impôts que sur leurs revenus anglais ou leurs dépenses en Angleterre si celles-ci sont plus élevées. Aucun impôt n’est payé sur la fortune ou le revenu des capitaux non anglais. Plus encore, le salaire ou les bonus et autres participations aux profits peuvent être versés légalement hors de Grande Bretagne et sont également exemptés de tout impôt. Les avantages d’une grande capitale économique, financière, sociale et culturelle font de Londres une destination irrésistible pour de nombreux Suisses fortunés qui veulent minimiser radicalement leur facture fiscale sans renoncer à un excellent style de vie.

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Copyrigth Marc-André Charguéraud. Genève. 2012. Reproduction autorisée sous réserve de mention de la source.

Des millions de Français sont les bénéficiaires des milliards de dividendes versés par les sociétés du CAC 40.

En 2011 les quarante plus importantes sociétés listées en bourse, celles du CAC 40, ont distribué 37 milliards d’euros de dividendes. Des politiques, relayés par les médias, crient au scandale. Pendant la période de crise que le pays traverse, ces sommes pharaoniques doivent être investies dans l’économie pour créer des postes de travail, financer les PME sous-traitantes de ces groupes, et créer du pouvoir d’achat en faisant participer leurs employés qui ont rendu ces résultats possibles. Au lieu de cela, ces sociétés distribuent cet énorme pactole à leurs riches actionnaires au mépris de toute justice sociale.

Il est urgent de mettre fin à cette situation intolérable. Les nantis doivent être les premiers à participer à l’effort financier de salut public de la nation, sinon comment demander leur contribution aux plus modestes ? Pour rétablir l’équité, le gouvernement s’apprête à relever les impôts sur les bénéfices de ces grands groupes et à imposer une nouvelle taxe sur les dividendes qu’elles distribueront. Contrairement aux idées reçues, les nouveaux impôts, qui ne devaient cibler que les plus riches, vont aussi pénaliser les millions de citoyens de la classe moyenne. Ils sont également bénéficiaires d’une partie importante de ces milliards de dividendes et vont subir une diminution de leur pouvoir d’achat.
Plus des deux tiers des actionnaires des sociétés du CAC 40 sont des « institutionnels ». Derrière ce mot ne se cachent pas d’opaques spéculateurs, mais de très respectables institutions qui placent l’argent  de millions de Français et des familles qui leur ont fait confiance. (Il y a aussi, avec des millions de cotisants et de retraités, des fonds de pension anglo-saxons qui investissent dans des sociétés du CAC 40. Doivent-elles être découragées par une taxation de plus en plus élevée ?)

Pensez à ces chefs de famille qui ont placé leurs économies dans des assurances-vie à termes fixes dont une partie est investie en actions, à ceux qui payent chaque mois une prime pour s’assurer un complément de retraite en participant à un régime volontaire de pension dont le portefeuille comprend des actions. D’autres encore achètent des parts de fonds de placement collectifs en actions vendus par les banques, les caisses d’épargne et même la poste. Ils ne disposent pas des moyens nécessaires pour se constituer leur propre portefeuille.

Comme les plus riches, alors qu’ils n’étaient pas la cible annoncée de ces impôts, ces nombreuses personnes qui constituent les classes moyennes vont voir leur pouvoir d’achat diminuer. Ces nouveaux impôts vont les atteindre immédiatement pour une partie et pour l’autre plus tard, au moment de leur retraite.  Leur participation à la diminution du déficit national est certes légitime, mais son annonce a manqué de transparence.

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Gaz de schiste : les citoyens doivent savoir.

L’enjeu est national et fondamental.

A 61 milliards d’euros, le déficit de notre balance commerciale est insupportable. 88% correspondent à l’importation d’énergies fossiles. Ce déficit va exploser. Les prix de l’énergie importée vont s’envoler. Menée par la  Chine, la demande des pays émergents va croître. Les coûts élevés de la recherche et de l’exploitation du pétrole off shore pèseront lourdement sur les prix. L’OCDE et l’Union européenne prévoient une augmentation de la consommation nationale. L’arrêt progressif du nucléaire nécessitera une accélération des importations d’énergie. Une alternative à ces prévisions désastreuses doit être trouvée. Il faudra 20 à 30 ans pour que les énergies renouvelables puissent pleinement prendre la relève.

Dans ce contexte, la réussite américaine dans le gaz de schiste ne peut être ignorée. Le prix du gaz en Amérique s’effondre. Il est divisé par quatre. Il remplace le charbon avec 50% d’émissions de CO2 en moins.   Le principal charbonnage d’Alabama dépose son bilan. Le gaz concurrence le pétrole. A puissance énergétique égale, il coûte quatre fois moins cher.

Des usines, grandes consommatrices d’énergie, se réinstallent en Amérique. Importateur de gaz, le pays devient exportateur. Ce succès contribue à la réduction du déficit de la balance commerciale. Il devrait permettre de gagner un demi-point de Produit Intérieur Brut (PIB) par an. Des centaines de milliers d’emplois sont créés.

Les premières études géologiques montrent qu’en Europe, la France est la mieux placée. La région industriellement dévastée du Nord-Est serait au premier rang. Une loi de 2011 interdit en France la fracturation hydraulique, seul processus actuel d’exploitation du gaz de schiste, mais elle ne s’oppose pas à l’exploration.

Deux ou trois ans d’exploration géologique sont nécessaires avant d’envisager l’exploitation du gaz. Il est urgent d’évaluer l’importance des gisements, de connaître les formations géologiques qui détermineront les moyens à mettre en œuvre. Pendant ce temps, une étude approfondie doit être menée en dehors des passions qui empoisonnent le débat actuel. Les dizaines de milliers de puits en activité en Amérique permettent un examen déterminant. En particulier estimer la consommation d’eau, les dégâts résultant de miniséismes, la pollution résultant de rejet de méthane et d’eau, les atteintes aux nappes phréatiques, et enfin évaluer les progrès constants accomplis dans la fracturation.

Ce sera alors le moment où des décisions citoyennes devront être prises. Toute nouvelle activité engendre des inconvénients. L’important c’est de savoir si les avantages l’emportent. L’enjeu est ici considérable. Il peut influencer de manière déterminante l’avenir du pays. L’examen de l’ampleur de nos ressources et de la faisabilité du projet doit impérativement débuter sans délais.

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Energies renouvelables: la réalité.

La part des énergies renouvelables dans la consommation totale énergétique de la France est actuellement de 7,9%. En 2020, dans 8 ans, cette part devrait atteindre 23% selon le plan d’action national remis à la Commission européenne. (Le Monde, 21 juillet 2012, p.6) Cet objectif semble difficile à réaliser si l’on examine en détail ces énergies renouvelables.

Les trois quarts d’entre elles sont des sources d’énergie dont le potentiel de développement est faible. Il s’agit pour 20% de l’hydraulique et l’on sait que les principaux sites possibles sont déjà équipés. 46% correspondent au secteur « bois-énergie ». La forêt constitue une ressource renouvelable mais, à moins de destruction des massifs par une surexploitation, ses possibilités sont limitées. De plus l’énergie dégagée par le bois est une source de pollution atmosphérique égale à celle du charbon et donc inacceptable. Enfin 10% correspondent aux biocarburants. Pour le moment ils résultent principalement de plantes cultivées servant aussi à la nourriture humaine ou animale. Un problème d’éthique est posé. S’ajoute un prix de revient qui n’est pas compétitif avec le prix du pétrole si on applique aux biocarburants les mêmes impôts.

Les éoliennes et le solaire thermique sont les énergies renouvelables emblématiques. Fin 2011, elles ne représentaient que 5,4% pour la première et 1,2% pour la seconde des énergies renouvelables. Leur part actuelle dans la consommation totale d’énergie, 0,68% et 0,15%, ne sont que très marginales.  (5,4+1,2 = 6,6 / 7,9 = 0,83%) Tout doit être fait pour faciliter leur développement rapide. Mais, même en multipliant par dix en huit ans leur participation, leur appoint sera significatif mais insuffisant.

On ne peut espérer une diminution de la consommation malgré les mesures d’économie prises. L’automobile est un exemple. En quelques trente années, la consommation moyenne par véhicule a été divisée de moitié mais entretemps le nombre d’autos en circulation a  presque triplé. S’y ajoutent de nouveaux besoins d’énergie, qu’il s’agisse de l’industrie qui multiplie les robots et les chaînes de production automatisées ou des nouveaux services internet. Les centrales de serveurs utilisent le courant d’une ville et les milliards de lecteurs individuels de toutes sortes consomment toujours plus d’électricité.

A moins de trouver d’autres sources d’énergie produites localement, le déficit commercial de la France déjà trop élevé va devenir insupportable.
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L’Etat va emprunter à long terme 175 milliards aux Français sans qu’ils s’en rendent compte…

Inconscients,  les citoyens s’en réjouissent.

Le gouvernement s’apprête par étapes à doubler le montant des dépôts autorisés dans les livrets d’épargne réglementés. Cette mesure sera bien accueillie par les soixante millions de Français détenteurs d’un tel livret. La garantie de l’état assortie d’un revenu relativement élevé exempté de tout impôt assure son succès.

Le montant total des livrets d’épargne règlementées, dépasse actuellement les 350 milliards d’euros. Le doublement autorisés porterait le total à 700 milliards.  On peut estimer à 50% la réalisation des nouvelles possibilités offertes à la clientèle, soit 175 milliards. Une partie importante de cette somme viendra en diminution d’un autre système d’épargne qui a été plébiscité par les Français : l’assurance-vie à terme fixe. Elle aussi bénéficie, mais dans une moindre mesure, d’avantages fiscaux et elle engage le souscripteur dans la durée. L’épargne bancaire sera aussi mise à contribution.

Pour l’état, cet arbitrage n’est pas un problème. Plus de cent milliards d’euros vont passer du système privé des assurances à celui du secteur public. L’essentiel des fonds collectés dans les livrets règlementés est utilisé par l’état. Soit directement soit par l’intermédiaire de la Caisse des Dépôts et Consignation (CDC) qui est contrôlée par l’état. Le ministère des finances trouve ainsi la disposition d’une importante liquidité sans frais et à un faible taux d’intérêt. Dans le marché financier actuel, par la voie classique et transparente d’un emprunt à long terme, le gouvernement n’aurait pas obtenu même 50 milliards d’euros dans ces conditions.

Les détenteurs des livrets règlementés sont sereins,  le remboursement de leurs dépôts est garanti par l’état. Rien ne peut être plus sécurisant. Pourtant, dans la période de crise que traverse l’Europe, le risque d’une « bulle financière » au niveau de l’état semble oublié. Le problème potentiel c’est que l’état investit sur le long terme alors que l’argent déposé utilisé est remboursable à vue.

Tant que le montant total des dépôts progresse, même s’il baisse un peu momentanément, pas de problème : la CDC et le trésor peuvent faire face aux remboursements. Mais si la crise devient aiguë, ce qui est très possible, les ménages utiliseront tous en même temps leurs « bas de laine » et la CDC ne trouvera pas les liquidités nécessaires pour répondre aux demandes de retraits.

Pour éviter une panique résultant  de la fermeture de guichets de la CDC, la solution classique est connue : l’état fait marcher la « planche à billets ». Malheureusement, avec la venue de l’euro, ce processus devient impossible. Il reste à l’état la possibilité de lever des capitaux sur le marché privé, mais les taux seront élevés du fait de sa situation devenue trop précaire. L’on sait aujourd’hui où une telle politique conduit le pays. Les exemples des pays du sud de l’Europe en témoignent.

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Déflation ou inflation ?

 

Les avantages de la fonction sont le facteur décisif pour la plupart.

Nombreux sont ceux qui prévoient en Europe une période de déflation à l’instar de celle qui sévit au Japon. A court terme ils devraient avoir raison. A moyen et long terme toutefois, de puissants facteurs de hausse des prix modifieront la scène économique européenne. Il s’agit là de hausses utiles pour sauver la production industrielle et diminuer la dette de la grande majorité des pays européens.

Les matières premières jouent un rôle très important dans les importations en Europe. Or, le cours du pétrole qui a quadruplé depuis la fin du siècle dernier poursuivra son ascension rapide et la consommation mondiale continuera à augmenter alors que sa production atteint son apogée. L’industrialisation accélérée des pays du tiers monde fera s’accroître leurs besoins en matières premières d’origine minière et en renchérira le coût de manière significative.

Il faudra payer le prix de l’abandon progressif du nucléaire, ne serait-ce que pour passer à zéro ses très importants actifs de production mis hors service. Le coût qui restera plus élevé de l’électricité renouvelable, panneaux solaires ou éoliennes principalement, renchérira aussi le prix de l’électricité.  S’y ajouteront les centaines de milliards d’euros nécessaires à la construction de nouveaux réseaux de transport permettant de relier ces nouvelles sources de production aux principaux centres de consommation. Enfin, une capacité non négligeable de centrales classiques devront être construites pour faire face à la demande dans les périodes de non fonctionnement de ces sources d’énergie non permanentes.

On assistera à un renchérissement de nombreux produits manufacturés importés. La hausse des salaires chinois de 10 à 20% par an renchérira le prix de leurs exportations. S’y ajoutera l’appréciation continue du yuan de 3% par an en moyenne par rapport au dollar.

« La planche à billet », pour reprendre un expression familière, continuera à déverser des centaines de milliards dans l’économie. Ce sera comme par le passé le prix à payer pour faire face aux difficultés financières d’une série de pays et relancer la croissance.  Une partie seulement de ces sommes pourra être stérilisée par la Banque Centrale Européenne. Le reste alimentera l’inflation.

Comme aux Etats-Unis, quelques mesures de protectionnisme verront le jour en Europe, certaines officielles, d’autres indirectes et déguisées, telle l’imposition aux importations de nouvelles normes difficiles à appliquer rapidement par les pays exportateurs.

Cette hausse des prix prévisible à terme, recèle un danger auquel il faudra veiller sans faiblir, leur emballement génère en effet une hyper inflation destructrice sans appel de l’économie et de la finance et engendre des cataclysmes politiques. Le monde, et l’Allemagne au premier chef, ne veulent pas revivre ce cauchemar des années vingt et trente du siècle passé.

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Je veux être fonctionnaire.

 

Les avantages de la fonction sont le facteur décisif pour la plupart.

 Interrogés, une majorité des jeunes donnent leur préférence à une carrière de fonctionnaire. Pour eux, les avantages liés à la fonction publique sont déterminants.

La sécurité et la garantie à vie de l’emploi figurent au premier rang de la motivation des jeunes. Eliminés les stages répétitifs mal payés, les CDD constamment renouvelés, les missions d’intérim précaires, les mises à la porte, les départs « volontaires », les faillites d’entreprises. Le spectre du chômage avec son cortège d’angoisses quotidiennes qui détruisent progressivement le statut personnel et parfois ruinent les relations familiales est banni à jamais. Un atout fondamental dans un pays traversé par des crises à répétition.

Très tôt, certains diront trop tôt, avant même de penser à un plan de carrière, les jeunes sont nombreux à s’inquiéter de leur retraite. Celles de la fonction publique sont plus élevées. Elles sont calculées sur le dernier salaire perçu alors que dans le privé le calcul se fait sur la moyenne des vingt dernières années. De nombreuses dérogations permettent dans certains secteurs publics de partir avec une retraite à taux plein avant l’âge prévu.

Longtemps la rémunération brute moyenne du privé a surpassé celle du public. Ce temps est révolu et les salaires bruts sont pratiquement au même niveau. Par contre le revenu net dans la fonction publique est plus élevé. A salaire brut égal les prélèvements sociaux sont plus faibles. L’état a accumulé quelque 850 milliards d’euros de déficits prévisibles pour les retraites des fonctionnaires et des services publics qui dépendent de lui. Ces sommes énormes ne sont pas retenues sur les salaires de leurs bénéficiaires mais seront à la charge des générations futures.

Aucun risque que le statut de la fonction publique soit mis en cause de quelque façon que ce soit. Les instances de décision sont sous le contrôle de fonctionnaires. Tous les intervenants sont parties prenantes. L’administration évidemment, mais aussi le gouvernement et les parlements. De plus les services publics sont en position de monopole, leurs grèves paralysent le pays sans alternative. De puissants syndicats ont ainsi entre les mains un outil qui leur permet de faire efficacement pression sur un décideur politique qui pense à sa popularité.

Le but ici n’est pas d’opposer les salariés du public à ceux du privé, de « cliver » comme on dit, mais d’expliquer l’attraction irrésistible de la fonction publique  pour une grande majorité de jeunes. On peut toutefois comprendre que des voix s’élèvent dans le secteur privé pour plus de justice sociale, plus d’égalité et dénoncent un régime de l’emploi à deux vitesses.

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Austérité non…efficacité oui.

 

Diminution draconienne des salaires des fonctionnaires et des retraites du public et du privé, ventes précipitées de biens de l’état et privatisation massive des services publics, ce sont quelques- unes des mesures d’austérité imposées par ses créanciers à la Grèce et dans une moindre mesure au Portugal. Cette austérité appliquée à la France serait fatale et parfaitement inutile pour un pays qui possède une base économique infiniment plus solide.

D’autres moyens existent pour diminuer les déficits de la France. Ils sont certes moins radicaux et ne donneront les résultats nécessaires que progressivement pendant le quinquennat qui vient. Ils doivent être entrepris immédiatement et avec détermination. Les prêteurs verront que les bonnes décisions ont été prises, que leur application a commencé et ils reprendront confiance. Sinon ils exigeront des taux d’intérêt toujours plus élevés, précipitant le pays dans une spirale déficitaire infernale qui aboutira à la faillite.

Le maître mot : efficacité, « capacité de produire le maximum de résultats avec le minimum d’effort et de dépense. »[1] Une définition qui s’applique parfaitement à l’organisation de l’état. Un maximum de résultats pour un meilleur service public. Un minimum d’effort pour éviter une surcharge de travail du personnel. Un minimum de dépenses pour réduire le déficit du budget.

Une telle politique implique entre autres la redéfinition des tâches et des responsabilités en fonction des objectifs prioritaires à atteindre tout en éliminant les doublons. Des réglementations et des contraintes administratives surchargent et paralysent les services sans apporter une contribution substantielle. Des structures administratives s’empilent et se chevauchent. Le maquis des financements de toutes sortes est incompréhensible aux bénéficiaires potentiels et trop cher à administrer et à contrôler. La liste pourrait s’allonger. De multiples rapports officiels ont traité de ces sujets en détail. Il suffit de s’en inspirer.

La réduction importante d’emplois résultant de ces réformes structurelles permettra pour partie de renforcer les effectifs de fonctions essentielles sous dotées. Avant tout, elle permettra de réduire le déficit public.[2] Il s’agit là d’une question de survie d’un pays qui vit au-dessus de ses moyens. Un frein à l’embauche est la seule possibilité de réduction des effectifs dans la fonction publique. Il devrait suffire à l’application de cette réévaluation de l’organisation de l’administration publique.

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[1] Petit Robert.

[2] D’autres secteurs participeront aussi à cette réduction.

Le pouvoir d’achat a augmenté mais….

 

…mais les Français disposent de moins d’argent !

Depuis 2007 le pouvoir d’achat moyen des Français a progressé de 6,7% selon l’Insee. Ce chiffre tombe à 3,2% si l’on « tient compte à la fois de la croissance du nombre de ménages et de l’évolution de leur composition »[1]. Même s’il s’agit d’un résultat trop faible, c’est une bonne performance alors que l’Europe traverse la plus sévère crise économique depuis 1930 et que dans la très grande majorité des autres pays européens le pouvoir d’achat de sa population s’est affaissé.

Malgré cela, en France, le revenu disponible a diminué pour la plupart des ménages. Rarement évoquée, la principale raison tient en deux mots « diminution du crédit ».[2] Une majorité des Français de la classe moyenne, de beaucoup la plus nombreuse, achètent à crédit sa voiture, sa télévision et autres appareils ménagers, son informatique (PV, Ipod, Ipad, Smartphone…) et même pour certains, ses vacances ou sa piscine….Conséquence, leur pouvoir d’achat augmente du montant du crédit supplémentaire obtenu. Ils peuvent acheter plus puisqu’ils ne règlent que 50% du prix d’achat, voire moins, repoussant à plus tard le paiement du solde.

Les années suivantes, pour maintenir ce niveau artificiel de leurs dépenses malgré le règlement des intérêts et le remboursement progressif du capital emprunté, les ménages doivent accélérer les recours aux emprunts, quitte pour quelques-uns à se trouver en état de « surendettement ».[3]

La crise aiguë, qui n’épargne personne, rend les gens inquiets sur leur avenir. Ils freinent donc la souscription de nouveaux crédits comme le montrent depuis quelques mois les statistiques publiées. Le poids des intérêts et des remboursements de capital des crédits souscrits les années précédentes se fait alors de plus en plus lourd sur leur revenu. Pour eux le pouvoir d’achat disponible diminue.

Suite de cette nouvelle tendance, une mauvaise nouvelle : la consommation va diminuer, et une bonne nouvelle : l’endettement total des ménages diminuera aussi, or il s’ajoute à l’endettement de la nation qui dépasse largement le seuil inacceptable de 85% du PIB. On aimerait que l’état aille dans la même direction et diminue son train de vie afin d’éviter un déficit annuel qui augmente années après années le montant de sa dette.

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[1] Le Monde, 29 et 30 avril 2012, p.3.

[2] L’augmentation du prix de l’essence, du logement, n’est pas toujours compensé par la diminution d’autres prix et constitue un autre facteur d’appauvrissement.

[3] Ceci ne concerne pas les classes pauvres qui n’empruntent, lorsqu’elles le peuvent, que pour survivre.

Diminuer la dette c’est inutile et dangereux

 

Il faut stopper son augmentation. 

 Les médias, les politiciens, les économistes, tous nous répètent qu’il est vital d’agir rapidement pour diminuer la dette du pays. C’est inutile. La dette accumulée se réduira automatiquement au fil des années. L’inflation qui restera bien présente dévalorisera en dix ans le montant en francs constants de la dette de 30%.[1] Pendant ce temps la croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) devrait atteindre les 20%.[2] Grâce à ces deux facteurs la dette deviendra acceptable, réintégrant la France parmi les pays financièrement solides.

Vouloir réaliser un budget excédentaire qui permette de réduire la dette de façon significative serait suicidaire. Ce sont des dizaines de milliards d’euros d’économies qu’il faudrait trouver chaque année. Les mesures d’austérité nécessaires entraîneraient une régression du PIB, des troubles sociaux graves et signeraient la fin de tout espoir de croissance. Le vrai problème, c’est de stopper aussi vite que possible la progression de la dette. Pour cela les comptes de la nation doivent être équilibrés. Atteindre ce but nécessite déjà un niveau d’austérité sévère qu’il faudra moduler pour le rendre acceptable par le pays.

Depuis des décades la dette augmente. Elle n’est jamais remboursée mais simplement renouvelée au taux d’intérêt du jour. Celui-ci augmentera si le pays vit au-dessus de ses moyens et que la progression de la dette n’est pas jugulée, car les prêteurs perdront  confiance. A plus de 85% du PIB, la dette actuelle dépasse largement le seuil tolérable.

Le taux d’intérêt des emprunts à 10 ans est actuellement de 2,70%. Ils passeront à au moins un point de plus, soit  3,70%, si des mesures drastiques ne sont pas prises. La dette publique en euros étant de 1 700 milliards et sa durée de 7 ans, c’est en moyenne 250 milliards qui seront renouvelés dans les années qui viennent. Avec un taux plus élevé d’un point seulement, la charge supplémentaire des intérêts augmentera chaque année de 2,5 milliards d’euros pour atteindre 12,5 milliards en 2016. Le total pendant le quinquennat s’établira à 37,5 milliards d’euros. Ces chiffres s’ajoutent au service actuel de la dette qui a déjà le niveau insupportable de 50 milliards d’euros par an.[3]

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[1] Elle a été de 2,7% en 2011 et on peut estimer qu’au cours des dix prochaines années son cumul dépassera les 30%. Cette perte de valeur sera principalement à la charge des créanciers.

[2] Croissance de 1,85% par an cumulés.

[3] Soit 80,5 milliards, le niveau du budget de l’éducation publique !