La France figée dans un monde entreprenant.

Les drames de Tchernobyl et de Fukushima ont ralenti mais pas interrompu la construction de centrales nucléaires. 450 réacteurs fonctionnent, 60 réacteurs sont en construction dans 13 pays, 150 représentent des projets approuvés et financés.

L’extraction du gaz de schiste révolutionne la production d’énergie aux Etats Unis. La Grande Bretagne, la Pologne, l’Ukraine, l’Inde, la Chine, l’Australie, le Brésil, l’Argentine ont autorisé l’exploration. Des dizaines de milliards d’investissements sont annoncés pour l’exploitation à grande échelle.

Les produits agricoles génétiquement modifiés sont majoritaires dans les plus grands pays producteurs. Aux Etats-Unis 91% du soja produit est OGM, 87% du coton et 73% du maïs. Le même bouleversement  touche le Brésil, l’Argentine, la Chine et l’Inde.

La France se veut exemplaire, elle sort du nucléaire, interdit les OGM et même l’exploration du gaz de schiste. Seul pays au monde ayant inscrit dans sa constitution le principe de précaution, elle ne veut prendre aucun risque.

Dans la plupart des pays européens, les autorités politiques ont eu le courage de réformer en profondeur leur administration. Le but étant de la rendre plus efficace et à même de fournir un meilleur service aux administrés, que ce soient des personnes ou des sociétés. Malgré les recommandations réitérées de la Cour des Comptes, rien d’envergure n’a été entrepris.

Peut-être est-ce parce que la France est la patrie des « droits acquis ». Ils sont immuables et sclérosent une société hostile à tout changement. Relents de la lutte des classes, les problèmes dans les entreprises se soldent par la confrontation, trop rarement pas un compromis qui pourtant est de règle dans les autres pays.

L’Europe a une balance commerciale positive. Même l’Italie a un excédent. En pourcentage de son Produit intérieur brut, la France a le plus grand déficit des pays de l’Ouest de l’Europe. Ce résultat s’explique par un manque de compétitivité qui est reconnu par toutes les forces vives du pays. Pourtant aucune mesure d’importance n’est prise pour remédier à la situation.

La France s’en tient à son modèle social et économique qui ignore l’évolution du monde. Elle compte sur le retour de la croissance mondiale pour se relancer dans la course. Or ses structures et sa politique économique et sociale figées, et l’horreur du risque la disqualifient. Le modèle « vertueux » français n’a aucune chance de l’emporter dans un monde en pleine mutation qui va de l’avant.

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Copyrigth Marc-André Charguéraud. Genève. 2012. Reproduction autorisée sous réserve de mention de la source.

Le plus grand danger : le nucléaire ou les énergies fossiles ?

Poser la question et la réponse jaillit quasi unanime : le nucléaire sans discussion possible !  Les bombes nucléaires lancées en 1945 sur Hiroshima et Nagasaki ont provoqué, directement ou indirectement, la mort de 250 000 personnes. Heureusement, rien de semblable dans l’utilisation civile de l’atome. L’accident de Three Mile Island n’a entraîné aucun décès. Le drame de Tchernobyl est responsable de 212 décès directs et d’environ 4 000 indirects.

A ce jour aucun décès à la suite de la catastrophe de Fukushima. Mais combien de milliers de personnes vont mourir des irradiations qu’elles ont subies ? Le suivi pendant 40 ans des survivants du drame de Hiroshima et Nagasaki donne un élément d’estimation. La surmortalité par rapport au reste de la population japonaise se chiffre en centaines de victimes. Ces chiffres sont parfois contestés, mais restent une base de réflexion. S’ajoute le drame des dizaines de milliers d’habitants des quelques centaines de kilomètres carrés de terrains contaminés. Ils ont tout perdu et ne pourront pas retourner chez eux.

Entre 1970 et 2000, 42 000 personnes sont mortes directement dans la filière charbon et pétrole.  Elle est responsable d’un tiers des rejets de particules fines dans l’atmosphère qui tuent des centaines de milliers de personnes dans le monde. Les combustibles fossiles par leurs émissions de gaz à effet de serre sont une raison décisive du réchauffement climatique. Aujourd’hui déjà des surfaces en milliers de kilomètres carrés sont désertifiées, affamant des millions d’individus et les précipitant sur les routes dépourvus de tout. D’ici 40 ou 50 années, les changements climatiques accélérés feront des millions de victimes, rayant de la carte  des pays entiers, transformant les uns en désert et noyant les autres sous les eaux.

Les manifestations sont violentes contre le nucléaire civil. Contre les combustibles fossiles bien plus destructeurs, ce ne sont que des mises en garde musclées. Cette attitude plus conciliante s’explique. Le nucléaire tue moins, mais on n’est pas à l’abri d’une catastrophe beaucoup plus grave que les trois précédentes.  L’arrêt de l’utilisation de pétrole, de charbon et de gaz bouleverserait complètement notre mode de vie quotidien. Nous sommes alertés du danger mais notre conscience refuse d’y faire face. Devant la révolution économique et culturelle qu’il implique nous temporisons.

Nucléaire comme combustibles fossiles doivent être remplacés  le plus rapidement possible par des énergies renouvelables non polluantes et sans danger. Le plus grand nombre est encore à inventer, et à produire en masse dans des conditions économiques et environnementales acceptables. Une recherche intense s’impose.

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Copyrigth Marc-André Charguéraud. Genève. 2011. Reproduction autorisée sous réserve de mention de la source.

Emprunts « toxiques » des communes,

De nombreuses communes portent aujourd’hui plainte contre leurs banquiers. Ils les ont encouragées à souscrire d’importants emprunts qui se sont révélés ruineux. Souvent cité, le cas le plus courant consiste à emprunter en Francs suisses (FS). Les taux d’intérêt y sont bien meilleur marché que ceux d’un emprunt en Euros. C’est toujours vrai. Mais années après années, l’Euro perd de sa valeur envers le FS.  Conséquence : les intérêts payés en FS s’envolent et à l’échéance le montant à rembourser en Euros est de 30 voire 40% plus élevé. Un cauchemar. La compréhension du mécanisme est pourtant simple, une question de bon sens.

Des villes importantes comme Saint-Etienne se sont laissé piéger. Elles disposent cependant d’un responsable qualifié des finances. Qu’on se rappelle, il y a quelques années, la faillite pour les mêmes raisons de communes en Norvège dont la presse s’est abondamment fait l’écho. La leçon n’a pas été apprise.

Un emprunteur doit s’informer auprès de son banquier, mais ne jamais oublier que ce dernier est juge et partie. Si l’on n’a pas la capacité de comprendre un produit financier, il faut faire appel à un expert indépendant. On ne doit jamais engager sa responsabilité sans comprendre et juger des risques que l’on prend. Lorsqu’il s’agit de produits structurés complexes que même un professionnel ne maîtrise pas, il faut s’abstenir.

Doit-on ici parler d’incompétence ou de gestionnaires conscients du risque pris, mais raisonnant à court terme pour minimiser les charges de la commune, faire approuver un projet et équilibrer leur budget ? Plus tard on verra. D’autres prendront le relais.

La plupart des unités territoriales emprunteuses se sont naturellement adressées à celle que l’on appelle « la banque des communes », la banque DEXIA. C’est elle qui est aujourd’hui l’objet de la colère des communes, qui engagent des poursuites. On ne peut ici parler de rapacité des banques, quand on sait que le contrôle de Dexia est entre les mains des Etats et des communes français et belges. Une dispute de famille, pourrait-on dire.
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Copyrigth Marc-André Charguéraud. Genève. 2013. Reproduction autorisée sous réserve de mention de la source.

Le programme agricole des écologistes soulève un problème majeur sans réponse.

Selon les milieux écologiques, l’agriculture intensive telle qu’elle est pratiquée doit être proscrite. Les pesticides, les herbicides, les engrais chimiques polluent le sol, les nappes phréatiques, nos rivières et nos océans, leurs molécules nocives se retrouvent dans notre alimentation, tuent des insectes aussi essentiels que les abeilles. L’irrigation intense assèche des réserves d’eau devenue insuffisantes pour faire face aux besoins de la population. La destruction de forêts pour étendre le domaine agricole met en péril la faune, érode les sols et déséquilibre le climat. Quand aux Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) ils doivent être interdits car on ne connaît pas leurs conséquences sur la santé humaine à long terme.

Tous ces arguments ont été développés de façon convaincante. Ils doivent être pris en considération, il n’est pas question de les ignorer.  Ils sont trop importants. La survie des générations futures est en question. Mais paradoxalement, si ces règles sont strictement appliquées, la production alimentaire diminuera fortement et le monde sera plongé dans la famine. La population mondiale devra alors s’ajuster à un niveau correspondant à cette production alimentaire réduite. Il en résultera une catastrophe humanitaire rappelant les famines du moyen âge

Le problème est d’autant plus ardu que selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation (FAO), déjà aujourd’hui un milliard de personnes subissent une grave sous-alimentation qui met leur santé voire leur vie en péril. Dans 18 ans, en 2030, la population mondiale devrait augmenter de 1,3 milliard d’individus, soit plus de 50 millions par an.  Comment répondre à un tel défi ? Comment disposer des ressources alimentaires pour la population actuelle, pouvoir les augmenter afin de faire face à l’augmentation de la population et en même temps éviter la pollution mortelle de la planète ?

Réduire le gaspillage de la nourriture dans les pays industrialisés ne répondra que marginalement au problème, car il ne concerne que moins d’un septième de la population mondiale. La mise en oeuvre de la politique agricole écologiques, même si elle ne se fait que progressivement nécessitera sur le plan mondial des mesures réglementaires assorties de sanctions très difficiles à mettre en place dans les régimes démocratiques.

Cette politique agricole écologique est indissociable du problème du niveau de la population mondiale. Tant que ce problème majeur n’aura pas reçu de réponse, la politique écologique ne pourra pas atteindre le niveau requis pour répondre aux périls climatiques futurs.

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Copyrigth Marc-André Charguéraud. Genève. 2013. Reproduction autorisée sous réserve de mention de la source.

Recettes pour blanchir de l’argent sale.

La détention de sommes provenant d’extorsion, de terrorisme, de trafic de drogue, de corruption, d’évasion fiscale est criminelle.  La prison attend les détenteurs de ces fonds s’ils sont identifiés. S’ils veulent pouvoir disposer ou investir cet argent, ils doivent le « blanchir » afin que la possession de cet argent devienne légale. Il leur faut alors éviter à tout prix d’être identifiés au cours de cette opération.
Pour servir ces criminels, des milliers d’officines sont prêtes à établir des sociétés écrans sans demander de documents établissant l’origine et l’identité des fonds et celles de leurs ayants-droit, alors que les règles internationales les y obligent. Ces sociétés écrans sont ensuite enregistrées sans que les autorités locales ne s’y opposent.

Une récente enquête conduite par trois professeurs de l’Université du Texas donne l’importance du rôle joué par ces officines.  3 700 d’entre elles, dont la moitié localisées aux Etats-Unis, ont été approchées en leur demandant de constituer une société écran. 48% n’ont pas exigé tous les documents d’identification requis par les standards GAFI de l’OCDE et 22% n’en ont demandé aucun.

On se serait imaginé que les paradis fiscaux et ceux du tiers monde seraient les Etats les plus laxistes en la matière. L’enquête révèle le contraire. Les pays industrialisés en particulier ceux de l’OCDE sont en moyenne trois fois plus conciliants. Et, inattendu, les Etats-Unis sont les plus accommodants. Sur 1 700 officines américaines, seules 10 ont demandé  la totalité des documents d’identification exigés par le GAFI.

L’Amérique dépense des dizaines de milliards de dollars à pourchasser les organisations mafieuses, les producteurs et les trafiquants de drogue, et tente d’éradiquer le terrorisme et la corruption dans le monde. N’est-il pas inconcevable qu’elle laisse sur son territoire se mettre en place des sociétés constituées dans le seul but de blanchir l’argent provenant de ces menées criminelles ? Les finances sont partout et toujours le nerf de la guerre. N’est-il pas plus facile d’intervenir sur le plan juridique aux Etats-Unis mêmes que d’envoyer des commandos armés dans les jungles colombiennes ou dans les montagnes pakistanaises ?

Réforme de l’Etat : une tâche impossible ?

L’ensemble de nos dirigeants reconnait que les services de l’Etat doivent être mieux organisés. Les plus hautes autorités de l’Etat estiment aujourd’hui qu’il est possible de diminuer les coûts tout en améliorant les services rendus.  L‘importance  de ces charges dans le revenu national fait de leur réduction une priorité nationale pour équilibrer les comptes et arrêter d’augmenter années après années une dette déjà insupportable.

Un sentiment très enraciné s’oppose à cette politique de rationalisation. La France n’a-t-elle pas le meilleur service public du monde ? Il doit être défendu quel qu’en soit le prix. Il faut y bannir toute logique comptable. L’administration n’est pas une entreprise privée et la notion même de profit est absurde.

Toute réduction des charges entraînera une diminution d’un personnel déjà dénoncé dans de très nombreux secteurs comme insuffisant pour assurer le service demandé par le public. Cette politique d’austérité  détruit des emplois et du pouvoir d’achat alors qu’il faut lutter contre le chômage et relancer l’économie.
La France est le pays des droits acquis érigés en un dogme intangible. Il est très difficile alors de modifier une organisation, des habitudes, des comportements qui n’ont pas changé depuis des lustres. Dans ces conditions, tout changement est considéré par certains comme une mise en cause de leurs droits et par tous comme une atteinte personnelle. C’est malheureusement le prix de tout progrès d’une société qui ne peut rester figée dans un monde en mouvement.

Pour surmonter ces obstacles, un travail pédagogique, des formations, de meilleures conditions d’emploi sont nécessaires. Encore faut-il une volonté déterminée et constante des décideurs, ce qui n’est que rarement  le cas. Ils ne peuvent se permettre l’impopularité qu’entraînent de profonds changements, leurs partis politiques devant affronter leurs électeurs au rythme élevé des renouvellements de mandats.

Ce risque est réel, mais au nom de l’intérêt national il doit être assumé. D’autres pays comme le Canada, la Suède et même l’Allemagne dans une large mesure ont avec succès réformé en profondeur l’appareil de l’Etat.
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Coopération insatisfaisante dans les relations du travail

Le forum de Davos classe la France au 137ème rang parmi 144 pays examinés pour la « qualité de la coopération dans les relations du travail ». Le rapport Gallois va dans le même sens. Il souligne les insuffisances du dialogue social et propose « un nouveau pacte social, véritable socle du pacte productif. » Prenant l’Allemagne comme modèle, le gouvernement décide de la nomination de représentants du personnel dans le conseil d’administration des sociétés de plus de 5 000 personnes. Un pas dans la bonne direction, mais il n’aura pas l’impact très positif qu’il a sur la marche des entreprises en Allemagne.

En Allemagne, la participation du personnel aux conseils d’administration existe depuis plus de cinquante ans.  Patronat et syndicats ont l’habitude de travailler ensemble pour trouver une solution commune aux problèmes que rencontre une entreprise. Cette coopération peut aller très loin. Pendant la crise récente, des partenaires sociaux ont été jusqu’à accepter de réduire temporairement  les heures de travail et proportionnellement les salaires, alors que les actionnaires renonçaient à tout dividende. Il fallait éviter des renvois, préparer la reprise, et dans certains cas sauver l’entreprise.

En France les relations sociales sont trop souvent tendues.  La méfiance règne entre les parties. La fameuse « lutte des classes » marxiste d’avant-guerre a laissé des traces profondes qui affectent le dialogue, chacun campant sur ses positions. Les représentants des actionnaires craignent le manque de réserve de ceux du personnel. Les concurrents seront informés et les revendications sociales seront mieux argumentées. De leur côté, les représentants syndicaux veulent éviter d’être jugés responsables de la marche de l’entreprise et perdre ainsi la confiance de leurs mandants.

En Allemagne plus de 20% des travailleurs sont syndiqués. Leurs représentants gagnent en crédibilité. En France ce pourcentage ne dépasse pas les 5%. Les syndicats français représentent trop leur propre organisation, ce qui affaiblit le dialogue social.

La participation du personnel au conseil d’administration est une bonne décision. Toutefois, elle ne portera ses fruits que lorsque les mentalités auront évolué et que les syndicats seront plus représentatifs. Ce changement ne peut être que progressif et prendra des années.

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Justice sociale pour les chômeurs

Elus et médias réclament la justice sociale, une égalité et une solidarité sans faille. Ils dénoncent les discriminations, la ségrégation, les clivages, les confrontations entre segments de la population. N’avons-nous pas pour veiller à ces valeurs la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité ( La Halde ) ? Un discours parfaitement justifié qui a le soutien des citoyens. Pourtant un important fossé divise douloureusement la population française. Près de 3 millions de salariés sont officiellement au chômage.  Tous viennent du secteur privé, pratiquement aucun des 6 millions d’employés du secteur public.

Qu’ils courent à la recherche d’un emploi qui se dérobe, que découragés ils se cloîtrent chez eux, perdent souvent tous liens sociaux, même familiaux. L’assistance qu’ils reçoivent pour faire face à leur précarité grandissante n’est qu’un soutien palliatif que certains vivent mal. Ces quelques mots reflètent mal l’abîme physique et moral qui accable le chômeur. Dès son premier emploi le salarié du privé sait aujourd’hui qu’au cours de sa carrière il devra changer d’emploi et selon toute probabilité sera plus ou moins longtemps au chômage.

Tous constatent que leurs voisins, fonctionnaires ou salariés des services publics ne partagent en aucune façon ces aléas tragiques de la vie. Pire, ils ont l’outil très efficace de la grève qui paralyse le pays, car ils détiennent des services essentiels à la vie de leurs concitoyens. Alors que le chômeur cherche désespérément un emploi, ils battent le pavé pour obtenir de meilleures conditions de travail et des augmentations de salaire. Le décalage social est profond avec les chômeurs qui luttent pour simplement subsister. Il consacre une France à deux vitesses sur le front majeur de l’emploi.

On ne reviendra pas sur les justifications qui sont données pour expliquer la sécurité absolue de l’emploi dans le secteur public. On remarquera que d’autres pays européens, parmi les plus démocratiques, l’ont mis en cause.  C’est la condition pour éviter un clivage social insupportable.
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La faillite de la production de panneaux solaires en Allemagne.

Soyez sérieux, vous parlez de l’Allemagne, le pays qui a installé la plus grande surface de panneaux solaires en Europe et reste le plus dynamique dans ce domaine. C’est bien outre Rhin que les leaders mondiaux de fabrication de ces panneaux sont nés. Mais ils n’ont dominé le marché que peu d’années. Ils sont aujourd’hui presque tous en faillite ou en redressement judiciaire. La liste est longue : Centrothem, Solarwatt, Solarworld, Solarhybrid, Sovello, Solon, Solar millenium, même le leader Q-Cells avec ses 2.400 employés. First Solar, société américaine, ferme à la fin de l’année son usine de Francfort en Allemagne et supprime 2 000 emplois. Au total c’est près de 20 000 emplois qui disparaissent dans un secteur  pourtant porteur.
Les salariés se retrouvent au chômage, les actionnaires ont perdu la leur investissement. Tous croyaient s’être engagés dans le développement prometteur des énergies renouvelables. En Allemagne, même la grande société Siemens a décidé de se séparer de cette activité qui ne lui donne que des déboires et aucune perspective de reprise. Ses dirigeants avaient pourtant investi des centaines de millions d’euros dans le solaire.
Le gouvernement a déclenché ces faillites en série. Pour encourager le démarrage de cette nouvelle filière d’énergies renouvelables, il a largement subventionné le prix d’achat aux producteurs d’électricité photovoltaïque. Le succès des nouvelles installations a fait exploser les subventions au-delà des 5 milliards d’euros par an. Le gouvernement a mis le hola, réduisant par étapes successives les subventions de 50%. L’industrie du solaire en pleine expansion a mal supporté le choc.
Le coup de grâce est venu de Chine. Financés par des prêts à taux préférentiels par son gouvernement (soft loans), avec une main d’oeuvre bon marché et une production de masse, ses panneaux solaires ont fait chuter les prix. (Sun Tech le numéro un chinois emploie 20 000 personnes). En une année (2011) le prix des panneaux à base de silicium est passé de $ 1.80 à 0,90. Le désastre s’est étendu aux Etats Unis. La valeur de leurs importations de panneaux chinois, qui est passée de $ 640millions en 2009 à $ 3,2 milliards en 2011, en témoigne.
La diminution du prix des panneaux de 50% n’a relancé que modérément le marché. En effet les panneaux ne représentent que 25% du prix de l’installation, dont le prix total pour le client n’a donc baissé que de 12,50%.
L’industrie européenne doit maintenant se concentrer sur le développement de nouvelles techniques permettant un meilleur rendement qui baisse significativement le prix du watt produit. Le gouvernement doit diminuer encore les subventions aux nouvelles installations pour concentrer les ressources sur le financement de la recherche.
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L’explosion des échelons administratifs ruine la France.

 Il ne suffit pas de redistribuer des tâches, il faut supprimer des instances.

Au lendemain de la guerre, comme la plupart des démocraties occidentales, la France était essentiellement administrée à trois niveaux, le gouvernement, les départements et les communes.  S’y sont ajoutées depuis, l’Europe, les régions et les communautés de communes : un doublement des instances.

La coûteuse mise en place de ces nouvelles organisations n’a en aucune façon diminué les frais et les effectifs des anciennes. Pire, pour ces dernières, les frais ont continué d’augmenter. La charge totale de l’administration s’est alors accrue dans des proportions insupportables. Les citoyens ont pu s’en rendre compte avec l’envolée et la multiplication des taxes et impôts locaux.

Une mauvaise définition de l’attribution des tâches, chaque entité administrative défendant son « pré carré », a exaspéré les citoyens et les entreprises dans leurs rapports avec l’administration. Recherches de la bonne filière, doublons dans les démarches, délais d’attente de décisions souvent opaques, chacun peut apporter son témoignage.

La création de nouvelles instances administratives adaptées à l’évolution de la société n’a malheureusement pas été suivie d’une réadaptation de ce qui existait. On a l’impression que dans le domaine politique, les « droits acquis » règnent aussi.

La création des régions reflète le doublement de la population en un  siècle, les transferts des populations rurales vers les villes, l’amélioration radicale des transports, la concentration des moyens économiques. Les départements auraient dû fusionner avec les régions. Et que dire des 36 700 communes qui, pour leur majorité, reconnaissent ne pas être à même du fait de leur taille d’assumer toutes leurs responsabilités.   Elles se regroupent en communautés de communes afin de faire face à des tâches essentielles telles que la distribution de l’eau, le ramassage et le traitement des déchets… Leur importance est telle qu’elles ont été élevées au statut d’unités territoriales.

Pour une relation avec les citoyens sur le terrain, les maires de communes de quelques centaines d’habitants sont-ils nécessaires, alors que l’on trouve suffisant une seul maire pour une ville de 50 000 habitants ? Ne peut-on suivre l’exemple de l’Italie qui a eu récemment le courage de regrouper un grand nombre de ses communes.

Un consensus existe parmi les Français pour mettre un terme à cette pléthore administrative. Mais les 600 000 élus ne voteront pas une mesure qui, quels qu’en soient les mérites, en éliminerait un grand nombre de la scène politique. L’intérêt national dont ils se réclament les serviteurs passe après leurs intérêts politiques personnels, convaincus qu’ils sont d’être un rouage essentiel de la République. On se contentera de mieux définir les responsabilités de chaque administration. Le déficit du pays est accablant, tant pis, le citoyen paiera.

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