La faillite de la production de panneaux solaires en Allemagne.

Soyez sérieux, vous parlez de l’Allemagne, le pays qui a installé la plus grande surface de panneaux solaires en Europe et reste le plus dynamique dans ce domaine. C’est bien outre Rhin que les leaders mondiaux de fabrication de ces panneaux sont nés. Mais ils n’ont dominé le marché que peu d’années. Ils sont aujourd’hui presque tous en faillite ou en redressement judiciaire. La liste est longue : Centrothem, Solarwatt, Solarworld, Solarhybrid, Sovello, Solon, Solar millenium, même le leader Q-Cells avec ses 2.400 employés. First Solar, société américaine, ferme à la fin de l’année son usine de Francfort en Allemagne et supprime 2 000 emplois. Au total c’est près de 20 000 emplois qui disparaissent dans un secteur  pourtant porteur.
Les salariés se retrouvent au chômage, les actionnaires ont perdu la leur investissement. Tous croyaient s’être engagés dans le développement prometteur des énergies renouvelables. En Allemagne, même la grande société Siemens a décidé de se séparer de cette activité qui ne lui donne que des déboires et aucune perspective de reprise. Ses dirigeants avaient pourtant investi des centaines de millions d’euros dans le solaire.
Le gouvernement a déclenché ces faillites en série. Pour encourager le démarrage de cette nouvelle filière d’énergies renouvelables, il a largement subventionné le prix d’achat aux producteurs d’électricité photovoltaïque. Le succès des nouvelles installations a fait exploser les subventions au-delà des 5 milliards d’euros par an. Le gouvernement a mis le hola, réduisant par étapes successives les subventions de 50%. L’industrie du solaire en pleine expansion a mal supporté le choc.
Le coup de grâce est venu de Chine. Financés par des prêts à taux préférentiels par son gouvernement (soft loans), avec une main d’oeuvre bon marché et une production de masse, ses panneaux solaires ont fait chuter les prix. (Sun Tech le numéro un chinois emploie 20 000 personnes). En une année (2011) le prix des panneaux à base de silicium est passé de $ 1.80 à 0,90. Le désastre s’est étendu aux Etats Unis. La valeur de leurs importations de panneaux chinois, qui est passée de $ 640millions en 2009 à $ 3,2 milliards en 2011, en témoigne.
La diminution du prix des panneaux de 50% n’a relancé que modérément le marché. En effet les panneaux ne représentent que 25% du prix de l’installation, dont le prix total pour le client n’a donc baissé que de 12,50%.
L’industrie européenne doit maintenant se concentrer sur le développement de nouvelles techniques permettant un meilleur rendement qui baisse significativement le prix du watt produit. Le gouvernement doit diminuer encore les subventions aux nouvelles installations pour concentrer les ressources sur le financement de la recherche.
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Copyrigth Marc-André Charguéraud. Genève. 2012. Reproduction autorisée sous réserve de mention de la source.

L’explosion des échelons administratifs ruine la France.

 Il ne suffit pas de redistribuer des tâches, il faut supprimer des instances.

Au lendemain de la guerre, comme la plupart des démocraties occidentales, la France était essentiellement administrée à trois niveaux, le gouvernement, les départements et les communes.  S’y sont ajoutées depuis, l’Europe, les régions et les communautés de communes : un doublement des instances.

La coûteuse mise en place de ces nouvelles organisations n’a en aucune façon diminué les frais et les effectifs des anciennes. Pire, pour ces dernières, les frais ont continué d’augmenter. La charge totale de l’administration s’est alors accrue dans des proportions insupportables. Les citoyens ont pu s’en rendre compte avec l’envolée et la multiplication des taxes et impôts locaux.

Une mauvaise définition de l’attribution des tâches, chaque entité administrative défendant son « pré carré », a exaspéré les citoyens et les entreprises dans leurs rapports avec l’administration. Recherches de la bonne filière, doublons dans les démarches, délais d’attente de décisions souvent opaques, chacun peut apporter son témoignage.

La création de nouvelles instances administratives adaptées à l’évolution de la société n’a malheureusement pas été suivie d’une réadaptation de ce qui existait. On a l’impression que dans le domaine politique, les « droits acquis » règnent aussi.

La création des régions reflète le doublement de la population en un  siècle, les transferts des populations rurales vers les villes, l’amélioration radicale des transports, la concentration des moyens économiques. Les départements auraient dû fusionner avec les régions. Et que dire des 36 700 communes qui, pour leur majorité, reconnaissent ne pas être à même du fait de leur taille d’assumer toutes leurs responsabilités.   Elles se regroupent en communautés de communes afin de faire face à des tâches essentielles telles que la distribution de l’eau, le ramassage et le traitement des déchets… Leur importance est telle qu’elles ont été élevées au statut d’unités territoriales.

Pour une relation avec les citoyens sur le terrain, les maires de communes de quelques centaines d’habitants sont-ils nécessaires, alors que l’on trouve suffisant une seul maire pour une ville de 50 000 habitants ? Ne peut-on suivre l’exemple de l’Italie qui a eu récemment le courage de regrouper un grand nombre de ses communes.

Un consensus existe parmi les Français pour mettre un terme à cette pléthore administrative. Mais les 600 000 élus ne voteront pas une mesure qui, quels qu’en soient les mérites, en éliminerait un grand nombre de la scène politique. L’intérêt national dont ils se réclament les serviteurs passe après leurs intérêts politiques personnels, convaincus qu’ils sont d’être un rouage essentiel de la République. On se contentera de mieux définir les responsabilités de chaque administration. Le déficit du pays est accablant, tant pis, le citoyen paiera.

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Copyrigth Marc-André Charguéraud. Genève. 2012. Reproduction autorisée sous réserve de mention de la source.

Les contribuables suisses ont aussi leurs paradis fiscaux…

… et ce sont des pays européens tout proches !

Que n’a-t-on dénoncé tous ces Français qui se réfugient en Suisse pour éviter de payer leurs impôts en France. Une fausse « idée reçue » : 99,5% des Français vivant en Suisse y sont pour de toutes autres raisons et payent leurs impôts (200 000 Français sont domiciliés en Suisse). Les autres, quelque 1000 très riches Français, y bénéficient d’un régime de forfait qui leur permet de réduire à une fraction leurs impôts.  Ils sont les réfugiés fiscaux si souvent dénoncés.

Contrairement à une autre « idée reçue », en 2011 les impôts ont été plus élevés à Genève qu’à Paris.  Les mêmes causes, les mêmes effets. De riches suisses cherchent aussi à s’expatrier dans des paradis fiscaux. Paradoxe, ces paradis sont des pays européens proches qui à Bruxelles dénoncent les turpitudes fiscales de la Suisse.

Monaco est la destination favorite des retraités suisses qui cherchent le soleil et la mer bleue sur un rocher aride surpeuplé. Aucun impôt, ni sur le revenu, ni sur la fortune, même pas d’impôt foncier ou sur les successions, le paradis. Les liens de Monaco avec la France sont très étroits au point que des fonctionnaires français sont détachés à la tête de services de l’administration fiscale monégasque.

La Belgique est souvent citée comme autre paradis fiscal. Du fait de sa proximité immédiate, et de son affinité culturelle avec la Wallonie, elle intéresse en particulier les Français fortunés du nord de la France. Pour les Suisses, les avantages fiscaux sont bien supérieurs de l’autre côté de la Manche.

La Grande Bretagne constitue leur éden fiscal. La formule géniale trouvée par l’administration fiscale londonienne de « résidents non domiciliés » leur ouvre la porte de l’évasion fiscale légale.  Ils ne règlent leurs impôts que sur leurs revenus anglais ou leurs dépenses en Angleterre si celles-ci sont plus élevées. Aucun impôt n’est payé sur la fortune ou le revenu des capitaux non anglais. Plus encore, le salaire ou les bonus et autres participations aux profits peuvent être versés légalement hors de Grande Bretagne et sont également exemptés de tout impôt. Les avantages d’une grande capitale économique, financière, sociale et culturelle font de Londres une destination irrésistible pour de nombreux Suisses fortunés qui veulent minimiser radicalement leur facture fiscale sans renoncer à un excellent style de vie.

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Copyrigth Marc-André Charguéraud. Genève. 2012. Reproduction autorisée sous réserve de mention de la source.