Je veux être fonctionnaire.

 

Les avantages de la fonction sont le facteur décisif pour la plupart.

 Interrogés, une majorité des jeunes donnent leur préférence à une carrière de fonctionnaire. Pour eux, les avantages liés à la fonction publique sont déterminants.

La sécurité et la garantie à vie de l’emploi figurent au premier rang de la motivation des jeunes. Eliminés les stages répétitifs mal payés, les CDD constamment renouvelés, les missions d’intérim précaires, les mises à la porte, les départs « volontaires », les faillites d’entreprises. Le spectre du chômage avec son cortège d’angoisses quotidiennes qui détruisent progressivement le statut personnel et parfois ruinent les relations familiales est banni à jamais. Un atout fondamental dans un pays traversé par des crises à répétition.

Très tôt, certains diront trop tôt, avant même de penser à un plan de carrière, les jeunes sont nombreux à s’inquiéter de leur retraite. Celles de la fonction publique sont plus élevées. Elles sont calculées sur le dernier salaire perçu alors que dans le privé le calcul se fait sur la moyenne des vingt dernières années. De nombreuses dérogations permettent dans certains secteurs publics de partir avec une retraite à taux plein avant l’âge prévu.

Longtemps la rémunération brute moyenne du privé a surpassé celle du public. Ce temps est révolu et les salaires bruts sont pratiquement au même niveau. Par contre le revenu net dans la fonction publique est plus élevé. A salaire brut égal les prélèvements sociaux sont plus faibles. L’état a accumulé quelque 850 milliards d’euros de déficits prévisibles pour les retraites des fonctionnaires et des services publics qui dépendent de lui. Ces sommes énormes ne sont pas retenues sur les salaires de leurs bénéficiaires mais seront à la charge des générations futures.

Aucun risque que le statut de la fonction publique soit mis en cause de quelque façon que ce soit. Les instances de décision sont sous le contrôle de fonctionnaires. Tous les intervenants sont parties prenantes. L’administration évidemment, mais aussi le gouvernement et les parlements. De plus les services publics sont en position de monopole, leurs grèves paralysent le pays sans alternative. De puissants syndicats ont ainsi entre les mains un outil qui leur permet de faire efficacement pression sur un décideur politique qui pense à sa popularité.

Le but ici n’est pas d’opposer les salariés du public à ceux du privé, de « cliver » comme on dit, mais d’expliquer l’attraction irrésistible de la fonction publique  pour une grande majorité de jeunes. On peut toutefois comprendre que des voix s’élèvent dans le secteur privé pour plus de justice sociale, plus d’égalité et dénoncent un régime de l’emploi à deux vitesses.

Vos commentaires à : a.chargueraud@gmail.com.

Copyrigth Marc-André Charguéraud. Genève. 2011. Reproduction autorisée sous réserve de mention de la source.

 

 

 

 

 

 

Austérité non…efficacité oui.

 

Diminution draconienne des salaires des fonctionnaires et des retraites du public et du privé, ventes précipitées de biens de l’état et privatisation massive des services publics, ce sont quelques- unes des mesures d’austérité imposées par ses créanciers à la Grèce et dans une moindre mesure au Portugal. Cette austérité appliquée à la France serait fatale et parfaitement inutile pour un pays qui possède une base économique infiniment plus solide.

D’autres moyens existent pour diminuer les déficits de la France. Ils sont certes moins radicaux et ne donneront les résultats nécessaires que progressivement pendant le quinquennat qui vient. Ils doivent être entrepris immédiatement et avec détermination. Les prêteurs verront que les bonnes décisions ont été prises, que leur application a commencé et ils reprendront confiance. Sinon ils exigeront des taux d’intérêt toujours plus élevés, précipitant le pays dans une spirale déficitaire infernale qui aboutira à la faillite.

Le maître mot : efficacité, « capacité de produire le maximum de résultats avec le minimum d’effort et de dépense. »[1] Une définition qui s’applique parfaitement à l’organisation de l’état. Un maximum de résultats pour un meilleur service public. Un minimum d’effort pour éviter une surcharge de travail du personnel. Un minimum de dépenses pour réduire le déficit du budget.

Une telle politique implique entre autres la redéfinition des tâches et des responsabilités en fonction des objectifs prioritaires à atteindre tout en éliminant les doublons. Des réglementations et des contraintes administratives surchargent et paralysent les services sans apporter une contribution substantielle. Des structures administratives s’empilent et se chevauchent. Le maquis des financements de toutes sortes est incompréhensible aux bénéficiaires potentiels et trop cher à administrer et à contrôler. La liste pourrait s’allonger. De multiples rapports officiels ont traité de ces sujets en détail. Il suffit de s’en inspirer.

La réduction importante d’emplois résultant de ces réformes structurelles permettra pour partie de renforcer les effectifs de fonctions essentielles sous dotées. Avant tout, elle permettra de réduire le déficit public.[2] Il s’agit là d’une question de survie d’un pays qui vit au-dessus de ses moyens. Un frein à l’embauche est la seule possibilité de réduction des effectifs dans la fonction publique. Il devrait suffire à l’application de cette réévaluation de l’organisation de l’administration publique.

Vos commentaires à : a.chargueraud@gmail.com.

Copyrigth Marc-André Charguéraud. Genève. 2011. Reproduction autorisée sous réserve de mention de la source.



[1] Petit Robert.

[2] D’autres secteurs participeront aussi à cette réduction.