Remplacez le pétrole d’urgence !

 

Les ressources de la planète en pétrole seront épuisées d’ici 30, 40 ou 50 ans, prédit-on. Les estimations varient, mais le message reste identique : remplaçons cette ressource limitée et polluante aussi vite que possible par des sources d’énergies renouvelables, même si le coût de l’opération est très élevé.

En réalité personne ne peut prévoir dans quel délai la production de pétrole arrivera à son terme. On constate que plus la demande croit et plus il devient rare, plus son prix augmente et plus l’exploitation de nouveaux gisements majeurs devient compétitive. C’est ainsi que l’extraction de pétrole des grands gisements de schistes bitumeux du Canada devient rentable. Il en va de même pour les immenses réserves de pétrole dans les eaux profondes au large du Brésil. L’offre et la demande se rééquilibrent jusqu’à ce qu’une nouvelle inadéquation survienne entre offre et demande et pousse les prix à la hausse.

Ces hausses de prix permettront à terme à des solutions alternatives actuellement trop chères sans subventions de remplacer le pétrole. Que ce soit dans les transports, dans les plastiques ou dans les détergents, des produits de substitution auront pu grâce aux recherches améliorer leur performance, leur qualité et leur prix.

La transition vers l’après pétrole sera alors douce et sans heurts. Elle évitera de créer artificiellement une demande de sources d’énergie qui nécessitent pour leur mise concurrentielle sur le marché des subventions progressivement si importantes que le l’Etat ne peut y faire face. Ces sommes pourront être plus utilement utilisées pour soutenir la recherche accélérée dans les énergies renouvelables pour qu’elles atteignent le plus rapidement possible un rendement énergétique et une qualité compétitifs.

Vos commentaires à : a.chargueraud@gmail.com.

Copyrigth Marc-André Charguéraud. Genève. 2011. Reproduction autorisée sous réserve de mention de la source.

Le prix de l’énergie s’envole.

 

Un bienfait pour certains, un malheur pour d’autres.

Le prix de l’essence atteint des sommets, celui du gaz augmente cinq fois plus vite que l’inflation, la commission de régulation de l’énergie prévoit une augmentation du prix de l’électricité de 30% d’ici 2016.[1] Un économiste s’en réjouit.[2] Les énergies renouvelables et au premier rang le solaire et l’éolien vont devenir plus compétitives. Les clients seront contraints de réduire leur consommation.

Levée de bouclier de l’opinion publique relayée par les médias, les partis, les syndicats, les associations, il y a là une atteinte inacceptable au pouvoir d’achat. Les bonnes résolutions prises pour lutter contre le réchauffement climatique, contre la pollution, pour les énergies renouvelables et la souveraineté énergétique volent en éclats dès qu’elles touchent au niveau de vie du citoyen.

Aussitôt les autorités s’inclinent. Le gouvernement remplace l’indexation du gaz sur les cours mondiaux par une formule qui fait la part belle à l’inflation. L’opposition demande que l’on bloque le prix de l’essence ou du moins que l’état renonce à une partie des impôts qui en grèvent le prix. Tous deux appellent  l’EDF à revoir ses augmentations prévues de prix.

Si  le prix de l’essence et du gaz qui viennent de l’étranger ne sont pas alignés sur les prix du marché, les compagnies géantes qui les importent devront régler la différence, une facture de milliards d’euros. L’état impose à EDF un volume croissant d’achat de KWH d’énergies renouvelables à des prix dépassants son propre prix de vente au consommateur. Le déficit qui en résultera devra être absorbé par l’actionnariat dont l’Etat détient la majorité.

Une telle politique de blocage direct ou indirect des prix ne peut que motiver les groupes impliqués à rediriger leurs investissements vers l’étranger, où ils trouvent des marchés plus dynamiques et moins pénalisants. Ne risque-t-on pas d’ajouter aux délocalisations d’usines celles d’investissements industriels ?

Copyrigth Marc-André Charguéraud. Genève. 2012. Reproduction autorisée sous réserve de mention de la source.



[1] AFP, 17 janvier 2012.

[2] Bernard Maris à l’émission de C’est en l’air le 18 janvier 2012.

L’inflation revient : vive l’inflation !

 

On craignait la déflation, c’est l’inflation qui s’accélère. D’octobre 2010 à octobre 2011 : USA +3,6%, UK +5,2, DE +2,4, FR +2% . La moyenne européenne était de -0,6% il y a 2 ans et de +1,7% il y a un an, elle atteint 3% au cours des douze derniers mois. Dans les dix années à venir, la France devrait se situer dans la moyenne européenne qui devrait atteindre 3,5%. La situation compétitive de son économie n’en souffrira pas tant que ses partenaires commerciaux auront une inflation comparable ou supérieure à la sienne.

En tenant compte de ce taux d’inflation, dans les dix années qui viennent, l’Euro aura perdu 40% de sa valeur.[1] En Euros constants les 1700 Milliards de la dette française actuelle ne vaudront plus que 1020 milliards, une diminution moyenne de 68 milliards par an. Le Produit intérieur brut  augmentera en euros courants en fonction de l’inflation ce qui réduira le pourcentage de la dette de 85% à 55% du PIB. Ces résultats ne seront atteints que si « la rigueur » permet de maintenir les budgets futurs en équilibre. Que le « ménage » France ne dépense pas plus qu’il ne gagne.[2]

Il n’y a pas de miracle, quelqu’un va payer la note. Ce sont au premier rang les détenteurs d’actifs à revenu fixe. Ils ne sont pas que Français. 1100 milliards de dette française sont détenus à l’étranger. Les classes défavorisées, ne possédant pas de capital, seront épargnées. Tous les autres, sans exception, subiront des pertes proportionnellement à leurs avoirs.

Etant donné la conjoncture politique et sociale actuelle, les salaires devraient avec un certain retard suivre l’inflation et celle-ci n’aura donc qu’un impact limité sur la consommation. Tous ceux qui auront emprunté, entreprises, communes, personnes (hypothèques) seront gagnantes à terme.

L’inflation s’impose à tous sans qu’il soit besoin de prendre de mesures d’austérité pour réduire la dette. Celles nécessaires pour équilibrer le budget de la Nation seront déjà suffisamment difficiles à faire adopter par des élus et des peuples qui réagiront négativement.

Vos commentaires à : a.chargueraud@gmail.com.

Copyrigth Marc-André Charguéraud. Genève. 2012. Reproduction autorisée sous réserve de mention de la source.



[1] Taux composés de l’inflation de 3,5%

[2] Un équilibre budgétaire qui nécessitera d’énormes sacrifices.

La dette, un problème ?

 

« La réduction des déficits et de la dette est un impératif », écrit François Hollande dans un récent article.[1] Le candidat à la présidence reflète l’opinion de l’ensemble des intervenants qu’ils soient de gauche, du centre ou de droite.

Une simple réduction des déficits n’est pas suffisante. Les gouvernements doivent aller au-delà et équilibrer leur budget.  Le retour à des charges inférieures aux recettes évite l’augmentation insupportable de la dette et conditionne le retour à la confiance des marchés. Le renouvellement des emprunts arrivant à échéance sera alors assuré à un taux raisonnable. Le gonflement continuel et coûteux de la charge de la dette s’arrêtera.

Pour être économiquement et socialement supportable, le retour à un budget sans déficit prendra plusieurs années. Chaque pays devra détailler dans le temps des objectifs atteignables et montrer qu’il les met en œuvre sans tarder. « Rien de sérieux ne sera possible sans la croissance », écrit aussi Hollande. Austérité et relance sont intimement liées. Différents moyens existent pour relancer l’économie.[2]

Il est dangereux de vouloir réduire la dette et de simultanément revenir à l’équilibre du budget. Les mesures d’austérité nécessaires seraient trop sévères pour être supportables socialement. Aucun niveau de reprise crédible ne permettrait d’éviter une récession profonde et l’enchaînement du cycle négatif qui en est la conséquence.

Si la dette n’augmente plus grâce à l’équilibre budgétaire, il est inutile de prendre des mesures pour l’amortir. Le passage des années s’en chargera. Sur une dizaine d’années, mécaniquement, un pays ayant une dette de 100% de son PIB verra ce pourcentage baissé aux 60% demandés par les instances internationales. Il suffira que pendant cette période, le taux annuel moyen de l’inflation soit de 2,5% et que le PIB augmente de 1,5% par an. Des progressions qui restent modérées.[3]

Vos commentaires à : a.chargueraud@gmail.com

Copyrigth Marc-André Charguéraud. Genève. 2012. Reproduction autorisée sous réserve de mention de la source.



[1] Le Monde 17/12)2011, p, 15.

[2] Autres articles.

[3] Le taux d’inflation 2011 de la zone euro atteint 3%.

Le AAA anglais suspect ?

 

Début décembre Standard&Poor’s met sous surveillance tous les pays de la zone euro bénéficiant d’une note AAA. La France est en première ligne. Quelques jours plus tôt, Moody’s confirmait le triple A de la Grande Bretagne. Paris s’insurge : « Vous vous trompez de cible, la situation est pire en Grande-Bretagne ; c’est Londres qu’il faut dégrader. »

En écho à cet agacement, Moody’s estime le 21 décembre que les risques liés à la crise de l’euro si elle s’aggrave ne seront pas sans implications sur la note britannique.[1] 50% des exportations anglaises sont à destination de la zone euro.

Comparés à la France, les principaux indicateurs économiques sont plutôt favorables à celle-ci. L’inflation en GB +4,4%, en FR +2,2%. Le chômage 8,3% contre 9,8% en FR. Le déficit budgétaire, GB 8,8%  et 5,8% en FR. La dette publique au-dessus de 80% pour les deux pays.  La dette totale, publique et privée, est de 466% du PIB en GB,  322% en FR.[2] Le déficit de la balance commerciale de Londres dépasse de quelques pour cents du PIB celui de Paris.

Alors pourquoi le taux d’intérêt des emprunts britanniques à dix ans est-il de 2,04% contre 3,04% pour celui de la France ? Pour les Agences de notation, Londres peut se mettre à l’abri d’attaques spéculatives sur sa dette en injectant de l’argent dans le système par la Banque d’Angleterre. La France, elle, dépend de la bonne volonté de la Banque Centrale d’Europe qui refuse d’émettre des euros. De plus elle est solidaire de tous les autres pays de la zone euro dont certains sont en grandes difficultés.

Est-ce donner une prime aux pays qui dévaluent leur monnaie ? Depuis juin 2007, cet afflux de monnaie a fait chuter la livre sterling de 23% par rapport à l’euro.

Soit, mais ajoutent les Agences de notation, la Grande-Bretagne a eu le courage de mettre en place un plan d’austérité d’envergure alors que celui annoncé par la France est trop mesuré. Or aucun des deux pays n’a de plan sérieux de relance de la croissance. Résultat, plus l’austérité programmée sera sévère, plus elle entraînera soit des restrictions budgétaires radicales difficiles à accepter socialement, soit un accroissement inacceptable de la dette.

Le AAA anglais n’est-il pas aussi « suspect » que celui de la France ?

Vos commentaires à : a.chargueraud@gmail.com

Copyrigth Marc-André Charguéraud. Genève. 2012. Reproduction autorisée sous réserve de mention de la source.



Début décembre Standard&Poor’s met sous surveillance tous les pays de la zone euro bénéficiant d’une note AAA. La France est en première ligne. Quelques jours plus tôt, Moody’s confirmait le triple A de la Grande Bretagne. Paris s’insurge : « Vous vous trompez de cible, la situation est pire en Grande-Bretagne ; c’est Londres qu’il faut dégrader. »

En écho à cet agacement, Moody’s estime le 21 décembre que les risques liés à la crise de l’euro si elle s’aggrave ne seront pas sans implications sur la note britannique.[1] 50% des exportations anglaises sont à destination de la zone euro.

Comparés à la France, les principaux indicateurs économiques sont plutôt favorables à celle-ci. L’inflation en GB +4,4%, en FR +2,2%. Le chômage 8,3% contre 9,8% en FR. Le déficit budgétaire, GB 8,8%  et 5,8% en FR. La dette publique au-dessus de 80% pour les deux pays.  La dette totale, publique et privée, est de 466% du PIB en GB,  322% en FR.[2] Le déficit de la balance commerciale de Londres dépasse de quelques pour cents du PIB celui de Paris.

Alors pourquoi le taux d’intérêt des emprunts britanniques à dix ans est-il de 2,04% contre 3,04% pour celui de la France ? Pour les Agences de notation, Londres peut se mettre à l’abri d’attaques spéculatives sur sa dette en injectant de l’argent dans le système par la Banque d’Angleterre. La France, elle, dépend de la bonne volonté de la Banque Centrale d’Europe qui refuse d’émettre des euros. De plus elle est solidaire de tous les autres pays de la zone euro dont certains sont en grandes difficultés.

Est-ce donner une prime aux pays qui dévaluent leur monnaie ? Depuis juin 2007, cet afflux de monnaie a fait chuter la livre sterling de 23% par rapport à l’euro.

Soit, mais ajoutent les Agences de notation, la Grande-Bretagne a eu le courage de mettre en place un plan d’austérité d’envergure alors que celui annoncé par la France est trop mesuré. Or aucun des deux pays n’a de plan sérieux de relance de la croissance. Résultat, plus l’austérité programmée sera sévère, plus elle entraînera soit des restrictions budgétaires radicales difficiles à accepter socialement, soit un accroissement inacceptable de la dette.

Le AAA anglais n’est-il pas aussi « suspect » que celui de la France ?

Vos commentaires à : a.chargueraud@gmail.com

Copyrigth Marc-André Charguéraud. Genève. 2012. Reproduction autorisée sous réserve de mention de la source.



[1] Le Monde du 21 décembre.

[2] The Economist, 31 décembre.

[1] Le Monde du 21 décembre.

[2] The Economist, 31 décembre.