Le retour inadmissible des bidonvilles.

Aux abords des grandes villes, des milliers de sans abris s’entassent dans de « nouveaux  bidonvilles ». La République avait réussi dans les années soixante à éradiquer ces abris de fortune indignes. Ils sont de retour à la honte du pays. On doit y ajouter ceux qui n’ont pour logement que quelques mètres carrés dans des bâtiments insalubres destinés à la destruction ou qui trop nombreux partagent un local exigu. Sont-ils 500 000  un million ou plus ? Tout dépend des critères retenus.

Le droit au logement est inscrit dans la loi. Encore faut-il disposer d’un parc immobilier à la hauteur des besoins. Ce parc disponible n’existe pas et à la cadence annuelle de 100 000 à 150 000 logements HLM construits, il faudra  de nombreuses années pour répondre à ces demandes urgentes.

Chaque année s’ajoutent à ces sans abris et à ces mal-logés quelque 250 000 personnes qui arrivent de l’étranger. Ce sont 50 000 logements supplémentaires qu’il faut trouver annuellement, un problème insoluble. Les associations humanitaires dénoncent à juste titre cette situation inadmissible.

Avec l’extension prochaine de l’entrée en vigueur des accords de Schengen sur la libre circulation, le nombre d’immigrés va augmenter en provenance des pays pauvres de l’Est européen. La France avec ses prestations sociales exemplaires constitue un attrait irrésistible pour ces populations misérables.

Une solution s’impose. La cohésion sociale en dépend. Même en augmentant de cinquante pour cent les constructions de HLM, la situation serait améliorée mais pas résolue. Ne faut-il pas d’abord loger  toutes les personnes qui vivent sur le territoire national ? Mais la conséquence, une réduction temporaire de l’immigration, peut-elle être envisagée ? Ce serait sur le plan humain difficile à accepter mais éviterait d’accueillir des immigrés sans être capable de leur offrir un toit décent.

Le sujet doit être à l’ordre du jour du gouvernement  pour les étrangers non européens et de la Commission européenne qui est en charge de l’application des accords de Schengen pour les ressortissants de pays européens.

Le retour inadmissible des bidonvilles.

Aux abords des grandes villes, des milliers de sans abris s’entassent dans de « nouveaux  bidonvilles ». La République avait réussi dans les années soixante à éradiquer ces abris de fortune indignes. Ils sont de retour à la honte du pays. On doit y ajouter ceux qui n’ont pour logement que quelques mètres carrés dans des bâtiments insalubres destinés à la destruction ou qui trop nombreux partagent un local exigu. Sont-ils 500 000  un million ou plus ? Tout dépend des critères retenus.

Le droit au logement est inscrit dans la loi. Encore faut-il disposer d’un parc immobilier à la hauteur des besoins. Ce parc disponible n’existe pas et à la cadence annuelle de 100 000 à 150 000 logements HLM construits, il faudra  de nombreuses années pour répondre à ces demandes urgentes.

Chaque année s’ajoutent à ces sans abris et à ces mal-logés quelque 250 000 personnes qui arrivent de l’étranger. Ce sont 50 000 logements supplémentaires qu’il faut trouver annuellement, un problème insoluble. Les associations humanitaires dénoncent à juste titre cette situation inadmissible.

Avec l’extension prochaine de l’entrée en vigueur des accords de Schengen sur la libre circulation, le nombre d’immigrés va augmenter en provenance des pays pauvres de l’Est européen. La France avec ses prestations sociales exemplaires constitue un attrait irrésistible pour ces populations misérables.

Une solution s’impose. La cohésion sociale en dépend. Même en augmentant de cinquante pour cent les constructions de HLM, la situation serait améliorée mais pas résolue. Ne faut-il pas d’abord loger  toutes les personnes qui vivent sur le territoire national ? Mais la conséquence, une réduction temporaire de l’immigration, peut-elle être envisagée ? Ce serait sur le plan humain difficile à accepter mais éviterait d’accueillir des immigrés sans être capable de leur offrir un toit décent.

Le sujet doit être à l’ordre du jour du gouvernement pour les étrangers non européens et de la Commission européenne qui est en charge de l’application des accords de Schengen pour les ressortissants de pays européens.

Dix raisons pour réexaminer l’exploitation du gaz de schiste

Sur le plan technique.

Aux Etats-Unis plus de 70 000 forages à plusieurs milliers de mètres ont été creusés pour exploiter le gaz de schiste. La fracturation nécessaire  des roches produit des secousses terrestres. Aucune construction n’en a jamais été affectée. La géothermie industrielle à grande profondeur est considérée comme une source prometteuse d’énergie renouvelable et pourtant elle utilise aussi la fracturation.

La production d’énergie sous toutes ses formes n’utilise que 15% de la consommation mondiale d’eau. Les eaux rejetées des puits doivent être épurées en vue de leur recyclage. L’Australie où Veolia vient d’obtenir un contrat de plus de $ 500 millions montre que le processus de traitement des eaux contaminées est opérationnel.

Le méthane qui s’échappe des puits doit être récupéré et peut être profitablement utilisé par l’industrie.

Bien qu’en moindre quantité que le pétrole, l’utilisation du gaz pour le chauffage ou une centrale électrique produit du gaz carbonique (CO2) nuisible au climat. Toutes les nouvelles installations doivent en priorité être équipées de filtres récupérant ce CO2 en vu de son utilisation industrielle. Ce genre d’équipement fonctionne déjà sur de  nombreux sites utilisant le charbon comme source d’énergie.

Un réseau particulièrement dense de distribution du gaz existe déjà en France. Il devra dans certains cas être renforcé. Le coût de la distribution sera infiniment moins cher que les  grands réseaux à haute tension nécessaires pour l’acheminement de l’électricité des fermes d’éoliennes établies dans les zones venteuses. Les problèmes rencontrés actuellement par l’Allemagne pour transporter la production des éoliennes de la mer du nord vers les centres industriels consommateurs du centre et du sud de l’Allemagne en sont l’illustration.

Sur le plan économique.

La réduction et même l’arrêt des importations de gaz et de mazout diminuera le déficit commercial de la France de quelque 20 milliards d’euros, soit plus d’un quart du déficit total de la balance commerciale.

L’Etat étant propriétaire du sous-sol encaissera des milliards d’euros de redevances des compagnies privées qui exploiteront les gisements de gaz de schiste tout en leur imposant des normes strictes. Une partie de ces sommes devrait servir à développer des sources d’énergie renouvelables et également des systèmes de stockage de masse de l’énergie indispensables àr l’avenir du solaire et des éoliennes.

Le gaz de schiste est une source d’énergie et une matière première bon marché. Il redonnera à l’industrie pétrochimique une compétitivité mise à mal depuis plusieurs décennies.

L’indépendance énergétique d’un pays est essentielle à sa souveraineté économique. Le gaz de schiste compensera avec les énergies renouvelables le retrait progressif du nucléaire.

La France est un des pays d’Europe dont les ressources en gaz de schiste sont les plus prometteuses. Peut-il rester à l’écart, alors que l’Angleterre, la Pologne, la Roumanie et même la très écologiste Allemagne, qui est la première à avoir arrêté ses centrales nucléaires, se lancent dans des forages de recherche de schistes contenant du gaz ?

Il faudra plusieurs années de prospection et de mise en place pour que la production de gaz soit significative. Nos dirigeants, qui vivent  au rythme des élections à court terme, auront-t-ils le courage de décider au moins de sonder notre sous-sol pour évaluer des richesses qui ne se matérialiseront qu’après leur départ de la scène politique?

Copyrigth Marc-André Charguéraud. Genève. 2013. Reproduction autorisée sous réserve de mention de la source.

La Caisse des Dépôts et Consignations joue au casino… et perd des milliards.

En 2012, le déficit français a dérapé à 4,8% du PIB alors qu’il était prévu à 4,5%. Ces 0,3% représentent 3 milliards d’euros.  Ils sont dus, précise Bercy, essentiellement aux 2,6 milliards « d’éléments exceptionnels comme la recapitalisation de Dexia ».  « La banque du financement des communes », précise le Premier ministre. Une recapitalisation qui correspond à l’apurement des pertes de l’année. Cet élément n’est pas exceptionnel, car l’Etat a déjà été obligé de s’engager financièrement par le passé et que l’avenir reste incertain.

Né en 1996 de la fusion du Crédit communal belge et du Crédit local français, Dexia s’est mué en banque d’affaires spéculative de la pire espèce. La banque a souscrit plus de mille milliards de produits dérivés.  Mais les partenaires de ce jeu de poker financier sont des professionnels aguerris de Wall Street et de la City et les pertes de Dexia s’accumulent en milliards au fur et à mesure du dénouement des opérations.

Pour s’imposer, la banque lance sans l’expérience nécessaire un programme d’achat d’actifs financiers. Aux Etats-Unis, celui « d’un réhausseur de crédit » qui s’effondre dans la crise des « subprimes » lui coûte des milliards de pertes.

Dans son domaine de base, les prêts aux communes, Dexia décide d’ offrir du crédit à des taux nettement inférieurs au marché. Les emprunteurs se précipitent devant cette aubaine sans mesurer les conséquences des « produits structurés » spéculatifs dans lesquels ils s’engagent. Les taux et les remboursements s’envolent, ruinant les communautés territoriales. A la suite d’un premier procès contre Dexia, les poursuites se multiplient. L’on parle d’une dizaine de milliards de condamnations possibles par la justice.

Depuis 2008 les pertes s’élèvent à plus de 14 milliards. La valeur boursière, qui dépassait 20 milliards, s’effondre à une centaine de millions, obligeant les actionnaires à passer dans leurs comptes des pertes d’actifs importantes. Les actionnaires minoritaires sont ruinés. Restent présents les deux actionnaires qui détenaient directement ou indirectement la majorité, les Etats Français et Belges. Ils sont obligés de sauver Dexia de la faillite. Sa chute provoquerait en Europe un séisme financier plus important que celui résultant de la faillite de Lehman Brothers aux Etats Unis en septembre 2008.

La France et la Belgique doivent injecter 6,4 milliards en 2008, puis une augmentation de capital de 5,5 milliards en 2012 et donner une garantie de 85 milliards pour maintenir le crédit de Dexia envers les autres banques et éviter la catastrophe. Est-ce la fin d’« une longue et douloureuse histoire » ? C’est loin d’être certain.

Les Français et les Belges se rejettent la responsabilité de cette débâcle. Celle de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) reste clairement établie. Dès le départ elle possède 70% de la participation française. Ses représentants au Conseil d’administration ont jusqu’en 2008 approuvé la politique « aventureuse » de Dexia. Son directeur général pendant toute cette période était un ancien directeur de la CDC. Malgré les pertes vertigineuses, on ne poursuit pas des représentants de l’Etat dans une affaire qui dépend de lui. Même le directeur général de Dexia échappe à toute sanction et « démissionne » avec une confortable retraite de 600 000 euros par an. Les contribuables paieront.

Copyrigth Marc-André Charguéraud. Genève. 2013. Reproduction autorisée sous réserve de mention de la source.

Arrêtez d’amalgamer austérité et efficacité.

Provoquée par les mesures d’austérité imposées par Mario Monti, l’explosion des partis populistes de Beppe Grillo et de Silvio Berlusconi ont rendu l’Italie ingouvernable. Pour éviter ce désastre en France, de nombreux politiciens demandent de surseoir à de nouvelles mesures de rigueur.

Paul Quillès, un ancien ministre PS, décrivait récemment les conséquences de la rigueur. « Elle entraîne la baisse de la croissance, qui entraîne la hausse du chômage, qui entraîne la baisse des recettes de l’Etat, qui entraîne une augmentation du déficit et une augmentation de la dette. » Un enchaînement imparable, sauf qu’il faut bien constater que sans rigueur le déficit de l’Etat ne diminue pas et que la dette nécessaire pour le combler augmente.

L’équilibre à trouver est difficile. Il ne faut ni précipiter les coupes sombres dans les dépenses de l’Etat, ni arrêter des mesures d’austérité en cours. Elles sont pour l’instant restées très modestes et sans commune mesure avec celles prises en Espagne ou en Italie.

Mais il est essentiel que ce compromis sur l’austérité ne serve pas de prétexte à surseoir aux longues et difficiles réorganisations des services de l’Etat. Elles permettront à la France de rattraper son retard sur les pays du nord de l’Europe, si souvent cités en exemple. Il ne s’agit en aucune façon de « démanteler les services publics » mais d’améliorer  leur fonctionnement  et d’apporter un meilleur service à la société civile.

Il faut poursuivre sans relâche la chasse aux gaspillages, supprimer des doublons, mieux définir les responsabilités, avoir des méthodes de travail plus efficaces, simplifier les procédures et les normes,  réaffecter les personnes et les finances dans des domaines de l’Etat où elles font défaut. De telles mesures demanderont  l’acceptation de changements importants dans l’administration. Mais elles amélioreront les conditions de travail et contribueront à une meilleure motivation. Pour le public et les entreprises, la simplification des procédures accélérera les processus de décisions et allègera les charges administratives qui leur sont imposées actuellement.

Les rapports successifs de la Cour des Comptes foisonnent de recommandations précises et chiffrées. Ils constituent une excellente base de départ pour réformer l’administration. Il faudra beaucoup de courage au gouvernement pour lancer un tel programme. Les élus, quel que soit leur niveau, devront le voter et placer l’intérêt national devant leurs préoccupations électorales personnelles.

Vos commentaires à : a.chargueraud@gmail.com.
Copyrigth Marc-André Charguéraud. Genève. 2012. Reproduction autorisée sous réserve de mention de la source.

Electricité renouvelable : L’Allemagne se trompe-t-elle ?

Des centaines de milliards vont être investis sans réduction de la pollution.

L’International Energy Agency (IEA)  prévoit dans son rapport 2012 une augmentation de la consommation d’électricité en Europe aux environs de 1% par an d’ici 2035. Nous retiendrons donc pour les dix prochaines années une consommation stable en Allemagne. D’importantes économies d’électricité seront faites pendant cette période, mais de nouvelles utilisations du courant les compenseront.

En Allemagne en 2011, avant la catastrophe de Fukushima, les sources d’énergies renouvelables (hydraulique, éolien, solaire et biomasse)  représentaient 18% de la production d’électricité. En 2020 cette proportion devrait passer à 33%.   Des résultats très satisfaisants, car ils diminuent de façon substantielle le recours aux énergies fossiles dont les ressources sont limitées. Toutefois, énergies renouvelables ne signifient pas énergies non polluantes. Les problèmes climatologiques sont infiniment plus importants que l’épuisement à longue échéance de ressources fossiles. Et là, le bilan de la « transition énergétique » allemande est mauvais.

La biomasse est une énergie renouvelable mais polluante, elle produit du CO2 par carbonisation ou méthanisation. Si l’on ne retient que les énergies non polluantes (hydraulique, éolien, solaire et nucléaire) on constate qu’en 2011 elles produisent 35% de l’électricité. Avec la fin du nucléaire elles ne représenteront plus que 24 % en 2022.  Cette chute des sources d’énergie non polluantes devra être comblée par un recours important aux énergies fossiles polluantes.

Pour arriver à ce résultat décevant, la banque d’état allemande KFW estime que d’ici 2020 l’Allemagne devra investir entre 350 et 400 milliards d’euros (production, transport, importation d’électricité, efficacité énergétique). On doit y ajouter des dizaines de milliards pour le démantèlement des 35 réacteurs arrêtés et l’indemnisation des opérateurs de ces sites.

L’exemple donné au monde par l’Allemagne en abandonnant le nucléaire est louable mais inefficace. Les catastrophes nucléaires ne connaissent pas les frontières. 95% des sites restent en fonctionnement, des dizaines de réacteurs sont en construction et l’IEA en prévoit le doublement d’ici 2035. N’aurait-il pas été préférable que Berlin décide de conserver son parc nucléaire, un des plus sécurisés au monde, tout en conservant son vaste plan d’installation d’énergies non polluantes ? En 2020, au lieu d’augmenter, la pollution aurait diminué. Des dizaines de milliards auraient été épargnés et le pays serait alors le mieux placé pour réussir sa transition énergétique au fur et à mesure du remplacement nécessaire de son parc nucléaire vieillissant.

Copyrigth Marc-André Charguéraud. Genève. 2012. Reproduction autorisée sous réserve de mention de la source.

La France figée dans un monde entreprenant.

Les drames de Tchernobyl et de Fukushima ont ralenti mais pas interrompu la construction de centrales nucléaires. 450 réacteurs fonctionnent, 60 réacteurs sont en construction dans 13 pays, 150 représentent des projets approuvés et financés.

L’extraction du gaz de schiste révolutionne la production d’énergie aux Etats Unis. La Grande Bretagne, la Pologne, l’Ukraine, l’Inde, la Chine, l’Australie, le Brésil, l’Argentine ont autorisé l’exploration. Des dizaines de milliards d’investissements sont annoncés pour l’exploitation à grande échelle.

Les produits agricoles génétiquement modifiés sont majoritaires dans les plus grands pays producteurs. Aux Etats-Unis 91% du soja produit est OGM, 87% du coton et 73% du maïs. Le même bouleversement  touche le Brésil, l’Argentine, la Chine et l’Inde.

La France se veut exemplaire, elle sort du nucléaire, interdit les OGM et même l’exploration du gaz de schiste. Seul pays au monde ayant inscrit dans sa constitution le principe de précaution, elle ne veut prendre aucun risque.

Dans la plupart des pays européens, les autorités politiques ont eu le courage de réformer en profondeur leur administration. Le but étant de la rendre plus efficace et à même de fournir un meilleur service aux administrés, que ce soient des personnes ou des sociétés. Malgré les recommandations réitérées de la Cour des Comptes, rien d’envergure n’a été entrepris.

Peut-être est-ce parce que la France est la patrie des « droits acquis ». Ils sont immuables et sclérosent une société hostile à tout changement. Relents de la lutte des classes, les problèmes dans les entreprises se soldent par la confrontation, trop rarement pas un compromis qui pourtant est de règle dans les autres pays.

L’Europe a une balance commerciale positive. Même l’Italie a un excédent. En pourcentage de son Produit intérieur brut, la France a le plus grand déficit des pays de l’Ouest de l’Europe. Ce résultat s’explique par un manque de compétitivité qui est reconnu par toutes les forces vives du pays. Pourtant aucune mesure d’importance n’est prise pour remédier à la situation.

La France s’en tient à son modèle social et économique qui ignore l’évolution du monde. Elle compte sur le retour de la croissance mondiale pour se relancer dans la course. Or ses structures et sa politique économique et sociale figées, et l’horreur du risque la disqualifient. Le modèle « vertueux » français n’a aucune chance de l’emporter dans un monde en pleine mutation qui va de l’avant.

Vos commentaires à : a.chargueraud@gmail.com.
Copyrigth Marc-André Charguéraud. Genève. 2012. Reproduction autorisée sous réserve de mention de la source.

Le plus grand danger : le nucléaire ou les énergies fossiles ?

Poser la question et la réponse jaillit quasi unanime : le nucléaire sans discussion possible !  Les bombes nucléaires lancées en 1945 sur Hiroshima et Nagasaki ont provoqué, directement ou indirectement, la mort de 250 000 personnes. Heureusement, rien de semblable dans l’utilisation civile de l’atome. L’accident de Three Mile Island n’a entraîné aucun décès. Le drame de Tchernobyl est responsable de 212 décès directs et d’environ 4 000 indirects.

A ce jour aucun décès à la suite de la catastrophe de Fukushima. Mais combien de milliers de personnes vont mourir des irradiations qu’elles ont subies ? Le suivi pendant 40 ans des survivants du drame de Hiroshima et Nagasaki donne un élément d’estimation. La surmortalité par rapport au reste de la population japonaise se chiffre en centaines de victimes. Ces chiffres sont parfois contestés, mais restent une base de réflexion. S’ajoute le drame des dizaines de milliers d’habitants des quelques centaines de kilomètres carrés de terrains contaminés. Ils ont tout perdu et ne pourront pas retourner chez eux.

Entre 1970 et 2000, 42 000 personnes sont mortes directement dans la filière charbon et pétrole.  Elle est responsable d’un tiers des rejets de particules fines dans l’atmosphère qui tuent des centaines de milliers de personnes dans le monde. Les combustibles fossiles par leurs émissions de gaz à effet de serre sont une raison décisive du réchauffement climatique. Aujourd’hui déjà des surfaces en milliers de kilomètres carrés sont désertifiées, affamant des millions d’individus et les précipitant sur les routes dépourvus de tout. D’ici 40 ou 50 années, les changements climatiques accélérés feront des millions de victimes, rayant de la carte  des pays entiers, transformant les uns en désert et noyant les autres sous les eaux.

Les manifestations sont violentes contre le nucléaire civil. Contre les combustibles fossiles bien plus destructeurs, ce ne sont que des mises en garde musclées. Cette attitude plus conciliante s’explique. Le nucléaire tue moins, mais on n’est pas à l’abri d’une catastrophe beaucoup plus grave que les trois précédentes.  L’arrêt de l’utilisation de pétrole, de charbon et de gaz bouleverserait complètement notre mode de vie quotidien. Nous sommes alertés du danger mais notre conscience refuse d’y faire face. Devant la révolution économique et culturelle qu’il implique nous temporisons.

Nucléaire comme combustibles fossiles doivent être remplacés  le plus rapidement possible par des énergies renouvelables non polluantes et sans danger. Le plus grand nombre est encore à inventer, et à produire en masse dans des conditions économiques et environnementales acceptables. Une recherche intense s’impose.

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Copyrigth Marc-André Charguéraud. Genève. 2011. Reproduction autorisée sous réserve de mention de la source.

Emprunts « toxiques » des communes,

De nombreuses communes portent aujourd’hui plainte contre leurs banquiers. Ils les ont encouragées à souscrire d’importants emprunts qui se sont révélés ruineux. Souvent cité, le cas le plus courant consiste à emprunter en Francs suisses (FS). Les taux d’intérêt y sont bien meilleur marché que ceux d’un emprunt en Euros. C’est toujours vrai. Mais années après années, l’Euro perd de sa valeur envers le FS.  Conséquence : les intérêts payés en FS s’envolent et à l’échéance le montant à rembourser en Euros est de 30 voire 40% plus élevé. Un cauchemar. La compréhension du mécanisme est pourtant simple, une question de bon sens.

Des villes importantes comme Saint-Etienne se sont laissé piéger. Elles disposent cependant d’un responsable qualifié des finances. Qu’on se rappelle, il y a quelques années, la faillite pour les mêmes raisons de communes en Norvège dont la presse s’est abondamment fait l’écho. La leçon n’a pas été apprise.

Un emprunteur doit s’informer auprès de son banquier, mais ne jamais oublier que ce dernier est juge et partie. Si l’on n’a pas la capacité de comprendre un produit financier, il faut faire appel à un expert indépendant. On ne doit jamais engager sa responsabilité sans comprendre et juger des risques que l’on prend. Lorsqu’il s’agit de produits structurés complexes que même un professionnel ne maîtrise pas, il faut s’abstenir.

Doit-on ici parler d’incompétence ou de gestionnaires conscients du risque pris, mais raisonnant à court terme pour minimiser les charges de la commune, faire approuver un projet et équilibrer leur budget ? Plus tard on verra. D’autres prendront le relais.

La plupart des unités territoriales emprunteuses se sont naturellement adressées à celle que l’on appelle « la banque des communes », la banque DEXIA. C’est elle qui est aujourd’hui l’objet de la colère des communes, qui engagent des poursuites. On ne peut ici parler de rapacité des banques, quand on sait que le contrôle de Dexia est entre les mains des Etats et des communes français et belges. Une dispute de famille, pourrait-on dire.
Vos commentaires à : a.chargueraud@gmail.com.
Copyrigth Marc-André Charguéraud. Genève. 2013. Reproduction autorisée sous réserve de mention de la source.

Le programme agricole des écologistes soulève un problème majeur sans réponse.

Selon les milieux écologiques, l’agriculture intensive telle qu’elle est pratiquée doit être proscrite. Les pesticides, les herbicides, les engrais chimiques polluent le sol, les nappes phréatiques, nos rivières et nos océans, leurs molécules nocives se retrouvent dans notre alimentation, tuent des insectes aussi essentiels que les abeilles. L’irrigation intense assèche des réserves d’eau devenue insuffisantes pour faire face aux besoins de la population. La destruction de forêts pour étendre le domaine agricole met en péril la faune, érode les sols et déséquilibre le climat. Quand aux Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) ils doivent être interdits car on ne connaît pas leurs conséquences sur la santé humaine à long terme.

Tous ces arguments ont été développés de façon convaincante. Ils doivent être pris en considération, il n’est pas question de les ignorer.  Ils sont trop importants. La survie des générations futures est en question. Mais paradoxalement, si ces règles sont strictement appliquées, la production alimentaire diminuera fortement et le monde sera plongé dans la famine. La population mondiale devra alors s’ajuster à un niveau correspondant à cette production alimentaire réduite. Il en résultera une catastrophe humanitaire rappelant les famines du moyen âge

Le problème est d’autant plus ardu que selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation (FAO), déjà aujourd’hui un milliard de personnes subissent une grave sous-alimentation qui met leur santé voire leur vie en péril. Dans 18 ans, en 2030, la population mondiale devrait augmenter de 1,3 milliard d’individus, soit plus de 50 millions par an.  Comment répondre à un tel défi ? Comment disposer des ressources alimentaires pour la population actuelle, pouvoir les augmenter afin de faire face à l’augmentation de la population et en même temps éviter la pollution mortelle de la planète ?

Réduire le gaspillage de la nourriture dans les pays industrialisés ne répondra que marginalement au problème, car il ne concerne que moins d’un septième de la population mondiale. La mise en oeuvre de la politique agricole écologiques, même si elle ne se fait que progressivement nécessitera sur le plan mondial des mesures réglementaires assorties de sanctions très difficiles à mettre en place dans les régimes démocratiques.

Cette politique agricole écologique est indissociable du problème du niveau de la population mondiale. Tant que ce problème majeur n’aura pas reçu de réponse, la politique écologique ne pourra pas atteindre le niveau requis pour répondre aux périls climatiques futurs.

Vos commentaires à : a.chargueraud@gmail.com.
Copyrigth Marc-André Charguéraud. Genève. 2013. Reproduction autorisée sous réserve de mention de la source.