Lagarde : La rigueur tue la croissance.

 

La mise en garde dans le Financial Times du 15 août 2011 de la directrice générale du FMI est claire. Elle appelle les « économies avancées » à ne pas tuer la croissance en luttant contre la dette. Elle explique qu’il ne faut pas laisser « le coup de frein budgétaire bloquer la reprise mondiale ».[1] De nombreux syndicats et partis politiques eux aussi dénoncent les mesures de rigueur prisent récemment. Elles vont freiner une croissance déjà anémique. Une croissance que tous les acteurs de la vie politique jugent essentielle pour assure la survie, sociale, économique et financière de la France.

Mais alors comment éviter de diminuer le déficit budgétaire qui conduit à l’augmentation de la dette publique, déjà « insupportable ». Unanime, la classe politique demande des mesures pour ne pas l’alourdir et même pour la diminuer. Elle sait que si ce n’est pas le cas, les prêteurs perdront confiance. La notation des emprunts d’Etat s’effondrera, les taux d’intérêt exploseront, creusant encore le déficit et par conséquent l’endettement du pays.

On arrive à un paradoxe. Des hommes politiques dénoncent l’insuffisance des mesures d’austérité actuelles. Elles sont, disent-ils, largement insuffisantes pour juguler le déficit. Et en même temps ils estiment impératif de diminuer la dette. Le dilemme est imparable. Sa solution à court terme doit-elle être un compromis entre rigueur et croissance et à plus long terme, la refonte en profondeur des impôts, des dépenses et de l’organisation de l’Etat ? Une telle reconstruction révolutionnaire n’est envisageable qu’en début d’un mandat présidentiel. Elle risque de s’imposer dans la douleur d’un chaos sociétal si rien n’est entrepris.

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[1] Le Temps, mardi 30 août 2011, p. 3.