L’euro ne sera pas dévalué.

Pour de très nombreux Français, un euro fort pénalise les exportations. Il en résulte un ralentissement de la production industrielle et le chômage s’envole. Paris dénonce les coupables, le Marché Commun à Bruxelles et la Banque Centrale Européenne à Francfort. Ils refusent d’accorder une priorité à la dévaluation de l’euro.

A l’exception de la France, tous les grands pays européens y compris l’Espagne et l’Italie ont une balance commerciale positive. Celle de la France par contre accuse un déficit de quelque 60 milliards d’euros. Malgré cette piètre performance l’Europe affiche un solde positif de plus de 110 milliards, le second dans le monde derrière la Chine.

Une dévaluation de l’euro améliorerait sa compétitivité et le solde positif de la balance commerciale de l’Europe s’envolerait.  Le solde commercial négatif des pays qui commercent avec l’Europe se creuserait pour atteindre des niveaux difficiles à supporter. Une telle évolution serait interprétée comme une déclaration de guerre. La bataille des dévaluations entraînerait le monde dans un cercle vicieux fatal aux équilibres mondiaux.

Une dévaluation dans un système de changes flottants est problématique. On peut affaiblir une devise en diminuant son rendement. Les taux pratiqués par la BCE sont déjà tellement bas que la voie est trop étroite pour obtenir des résultats significatifs. Est-il envisageable que la BCE décide d’appliquer un taux de change à la baisse en s’engageant à acheter sans limitation les capitaux étrangers qui se présenteront. Récemment la Suisse a procédé de cette manière avec succès.  L’énorme différence de taille d’une telle opération déséquilibrerait les flux financiers mondiaux.

 

Une dévaluation serait-elle une solution aux problèmes de la France ? Rien n’est moins certain. 60% des exportations françaises se font en Europe donc dans la même monnaie. Pourtant la France est là aussi déficitaire. Le manque de compétitivité est la principale source des difficultés économiques du pays. C’est à lui d’agir au lieu d’accuser l’Europe de ses maux.