Garder le contrôle des entreprises françaises cotées en bourse

On connaît les conséquences du rachat d’une entreprise par une société  étrangère. Le centre des décisions n’est plus en France. La « filiale » française devient « taillable et corvéable » à merci.   La prise de contrôle par une société d’investissement n’est pas meilleure. Le bilan est plombé par la dette qui a servi en grande partie à l’achat. Souvent l’entreprise est démantelée et vendue par morceau.

Le veto ou les pressions des pouvoirs publics sont à éviter. Elles isolent la France sur le plan mondial et risquent d’entraîner des contre-mesures pénalisantes pour le pays. Elles devraient aussi faire l’objet de sanctions par Bruxelles. Pour protéger notre industrie nationale, il est nécessaire de maintenir des cours en bourse élevés. Ils rendront le prix d’achat d’une entreprise trop cher pour intéresser un concurrent ou un prédateur.

La profitabilité et les dividendes jouent un rôle essentiel dans la valeur d’une action en bourse. Il faut donc éviter de les pénaliser par une fiscalité trop importante qui les mettrait à la merci d’un raider. Pourtant, dans une période de crise, les revenus du capital doivent apporter une contribution accrue au nom de la solidarité nationale. Et l’on dénonce les « rentiers » qui s’enrichissent pendant leur sommeil.

C’est ignorer que plus des deux tiers des actions du CAC40 sont détenues par des Fonds de pensions, des Assurés vie, des Fonds de placement (SICAV), des Produits des Caisses d’épargne et des participations de l’Etat. Doit-on pénaliser ces millions de petits porteurs qui ont placé leurs modestes économies dans des institutions qui collectivement les placent en bourse ? Quant aux « riches capitalistes », leurs revenus boursiers sont de plus en plus imposés.