L’Italie mieux placée que la France pour profiter de la reprise économique mondiale.

Cette affirmation semble paradoxale alors que l’Italie vit une crise politique et économique majeure. Ses finances sont plombées par une dette qui représente 137% du PIB et qu’il faut refinancer à un taux de 3,80%.  Le taux des emprunts des sociétés est en moyenne de 6%. Si ces taux d’intérêt étaient au même niveau qu’en France, les sociétés italiennes économiseraient  22 milliards d’euros.  L’Italie est en récession. Le recul de son PIB a atteint 2,4% en 2012 mais devrait être seulement de 1,4% en 2013.

Malgré cette situation alarmante, en 2012 le déficit de l’Italie n’est que de 3% alors que celui de la France s’établit à 4,8%. Plus important encore  l’industrie italienne est en bien meilleure santé que celle de la France.

La production industrielle de l’Italie correspond à 18% de son produit intérieur brut (PIB). Ce pourcentage n’est que de 12% en France. Les petites et moyennes entreprises (PME) emploient 80% des travailleurs en Italie et seulement  60% en France. Or l’exemple allemand montre l’importance du rôle des PME dans les exportations.  5 100 robots sont installés en Italie contre 3 100 en France soulignent l’effort supérieur de modernisation de l’outil industriel de la péninsule. La profonde réforme des rigidités du travail initiée par Mario Monti permet aux industriels de s’adapter rapidement à l‘évolution de la conjoncture économique mondiale.

Par rapport à la France, cette meilleure santé de l’outil industriel italien se traduit dans les chiffres. Alors que la balance commerciale française affiche en 2012 un déficit de 67 milliards d’euro, celle de l’Italie présente un solde positif de 11 milliards. Dans une économie mondialisée, les exportations  jouent un rôle de plus en plus important dans la reprise économique, dans le retour à la croissance d’un pays. Le jour où la conjoncture mondiale deviendra plus positive, l’Italie sera mieux placée que la France pour en profiter.