Le plus grand danger : le nucléaire ou les énergies fossiles ?

Poser la question et la réponse jaillit quasi unanime : le nucléaire sans discussion possible !  Les bombes nucléaires lancées en 1945 sur Hiroshima et Nagasaki ont provoqué, directement ou indirectement, la mort de 250 000 personnes. Heureusement, rien de semblable dans l’utilisation civile de l’atome. L’accident de Three Mile Island n’a entraîné aucun décès. Le drame de Tchernobyl est responsable de 212 décès directs et d’environ 4 000 indirects.

A ce jour aucun décès à la suite de la catastrophe de Fukushima. Mais combien de milliers de personnes vont mourir des irradiations qu’elles ont subies ? Le suivi pendant 40 ans des survivants du drame de Hiroshima et Nagasaki donne un élément d’estimation. La surmortalité par rapport au reste de la population japonaise se chiffre en centaines de victimes. Ces chiffres sont parfois contestés, mais restent une base de réflexion. S’ajoute le drame des dizaines de milliers d’habitants des quelques centaines de kilomètres carrés de terrains contaminés. Ils ont tout perdu et ne pourront pas retourner chez eux.

Entre 1970 et 2000, 42 000 personnes sont mortes directement dans la filière charbon et pétrole.  Elle est responsable d’un tiers des rejets de particules fines dans l’atmosphère qui tuent des centaines de milliers de personnes dans le monde. Les combustibles fossiles par leurs émissions de gaz à effet de serre sont une raison décisive du réchauffement climatique. Aujourd’hui déjà des surfaces en milliers de kilomètres carrés sont désertifiées, affamant des millions d’individus et les précipitant sur les routes dépourvus de tout. D’ici 40 ou 50 années, les changements climatiques accélérés feront des millions de victimes, rayant de la carte  des pays entiers, transformant les uns en désert et noyant les autres sous les eaux.

Les manifestations sont violentes contre le nucléaire civil. Contre les combustibles fossiles bien plus destructeurs, ce ne sont que des mises en garde musclées. Cette attitude plus conciliante s’explique. Le nucléaire tue moins, mais on n’est pas à l’abri d’une catastrophe beaucoup plus grave que les trois précédentes.  L’arrêt de l’utilisation de pétrole, de charbon et de gaz bouleverserait complètement notre mode de vie quotidien. Nous sommes alertés du danger mais notre conscience refuse d’y faire face. Devant la révolution économique et culturelle qu’il implique nous temporisons.

Nucléaire comme combustibles fossiles doivent être remplacés  le plus rapidement possible par des énergies renouvelables non polluantes et sans danger. Le plus grand nombre est encore à inventer, et à produire en masse dans des conditions économiques et environnementales acceptables. Une recherche intense s’impose.

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Copyrigth Marc-André Charguéraud. Genève. 2011. Reproduction autorisée sous réserve de mention de la source.