Emprunts « toxiques » des communes,

De nombreuses communes portent aujourd’hui plainte contre leurs banquiers. Ils les ont encouragées à souscrire d’importants emprunts qui se sont révélés ruineux. Souvent cité, le cas le plus courant consiste à emprunter en Francs suisses (FS). Les taux d’intérêt y sont bien meilleur marché que ceux d’un emprunt en Euros. C’est toujours vrai. Mais années après années, l’Euro perd de sa valeur envers le FS.  Conséquence : les intérêts payés en FS s’envolent et à l’échéance le montant à rembourser en Euros est de 30 voire 40% plus élevé. Un cauchemar. La compréhension du mécanisme est pourtant simple, une question de bon sens.

Des villes importantes comme Saint-Etienne se sont laissé piéger. Elles disposent cependant d’un responsable qualifié des finances. Qu’on se rappelle, il y a quelques années, la faillite pour les mêmes raisons de communes en Norvège dont la presse s’est abondamment fait l’écho. La leçon n’a pas été apprise.

Un emprunteur doit s’informer auprès de son banquier, mais ne jamais oublier que ce dernier est juge et partie. Si l’on n’a pas la capacité de comprendre un produit financier, il faut faire appel à un expert indépendant. On ne doit jamais engager sa responsabilité sans comprendre et juger des risques que l’on prend. Lorsqu’il s’agit de produits structurés complexes que même un professionnel ne maîtrise pas, il faut s’abstenir.

Doit-on ici parler d’incompétence ou de gestionnaires conscients du risque pris, mais raisonnant à court terme pour minimiser les charges de la commune, faire approuver un projet et équilibrer leur budget ? Plus tard on verra. D’autres prendront le relais.

La plupart des unités territoriales emprunteuses se sont naturellement adressées à celle que l’on appelle « la banque des communes », la banque DEXIA. C’est elle qui est aujourd’hui l’objet de la colère des communes, qui engagent des poursuites. On ne peut ici parler de rapacité des banques, quand on sait que le contrôle de Dexia est entre les mains des Etats et des communes français et belges. Une dispute de famille, pourrait-on dire.
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Copyrigth Marc-André Charguéraud. Genève. 2013. Reproduction autorisée sous réserve de mention de la source.