Gaz de schiste : les citoyens doivent savoir.

L’enjeu est national et fondamental.

A 61 milliards d’euros, le déficit de notre balance commerciale est insupportable. 88% correspondent à l’importation d’énergies fossiles. Ce déficit va exploser. Les prix de l’énergie importée vont s’envoler. Menée par la  Chine, la demande des pays émergents va croître. Les coûts élevés de la recherche et de l’exploitation du pétrole off shore pèseront lourdement sur les prix. L’OCDE et l’Union européenne prévoient une augmentation de la consommation nationale. L’arrêt progressif du nucléaire nécessitera une accélération des importations d’énergie. Une alternative à ces prévisions désastreuses doit être trouvée. Il faudra 20 à 30 ans pour que les énergies renouvelables puissent pleinement prendre la relève.

Dans ce contexte, la réussite américaine dans le gaz de schiste ne peut être ignorée. Le prix du gaz en Amérique s’effondre. Il est divisé par quatre. Il remplace le charbon avec 50% d’émissions de CO2 en moins.   Le principal charbonnage d’Alabama dépose son bilan. Le gaz concurrence le pétrole. A puissance énergétique égale, il coûte quatre fois moins cher.

Des usines, grandes consommatrices d’énergie, se réinstallent en Amérique. Importateur de gaz, le pays devient exportateur. Ce succès contribue à la réduction du déficit de la balance commerciale. Il devrait permettre de gagner un demi-point de Produit Intérieur Brut (PIB) par an. Des centaines de milliers d’emplois sont créés.

Les premières études géologiques montrent qu’en Europe, la France est la mieux placée. La région industriellement dévastée du Nord-Est serait au premier rang. Une loi de 2011 interdit en France la fracturation hydraulique, seul processus actuel d’exploitation du gaz de schiste, mais elle ne s’oppose pas à l’exploration.

Deux ou trois ans d’exploration géologique sont nécessaires avant d’envisager l’exploitation du gaz. Il est urgent d’évaluer l’importance des gisements, de connaître les formations géologiques qui détermineront les moyens à mettre en œuvre. Pendant ce temps, une étude approfondie doit être menée en dehors des passions qui empoisonnent le débat actuel. Les dizaines de milliers de puits en activité en Amérique permettent un examen déterminant. En particulier estimer la consommation d’eau, les dégâts résultant de miniséismes, la pollution résultant de rejet de méthane et d’eau, les atteintes aux nappes phréatiques, et enfin évaluer les progrès constants accomplis dans la fracturation.

Ce sera alors le moment où des décisions citoyennes devront être prises. Toute nouvelle activité engendre des inconvénients. L’important c’est de savoir si les avantages l’emportent. L’enjeu est ici considérable. Il peut influencer de manière déterminante l’avenir du pays. L’examen de l’ampleur de nos ressources et de la faisabilité du projet doit impérativement débuter sans délais.

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Copyrigth Marc-André Charguéraud. Genève. 2012. Reproduction autorisée sous réserve de mention de la source.