Energies renouvelables: la réalité.

La part des énergies renouvelables dans la consommation totale énergétique de la France est actuellement de 7,9%. En 2020, dans 8 ans, cette part devrait atteindre 23% selon le plan d’action national remis à la Commission européenne. (Le Monde, 21 juillet 2012, p.6) Cet objectif semble difficile à réaliser si l’on examine en détail ces énergies renouvelables.

Les trois quarts d’entre elles sont des sources d’énergie dont le potentiel de développement est faible. Il s’agit pour 20% de l’hydraulique et l’on sait que les principaux sites possibles sont déjà équipés. 46% correspondent au secteur « bois-énergie ». La forêt constitue une ressource renouvelable mais, à moins de destruction des massifs par une surexploitation, ses possibilités sont limitées. De plus l’énergie dégagée par le bois est une source de pollution atmosphérique égale à celle du charbon et donc inacceptable. Enfin 10% correspondent aux biocarburants. Pour le moment ils résultent principalement de plantes cultivées servant aussi à la nourriture humaine ou animale. Un problème d’éthique est posé. S’ajoute un prix de revient qui n’est pas compétitif avec le prix du pétrole si on applique aux biocarburants les mêmes impôts.

Les éoliennes et le solaire thermique sont les énergies renouvelables emblématiques. Fin 2011, elles ne représentaient que 5,4% pour la première et 1,2% pour la seconde des énergies renouvelables. Leur part actuelle dans la consommation totale d’énergie, 0,68% et 0,15%, ne sont que très marginales.  (5,4+1,2 = 6,6 / 7,9 = 0,83%) Tout doit être fait pour faciliter leur développement rapide. Mais, même en multipliant par dix en huit ans leur participation, leur appoint sera significatif mais insuffisant.

On ne peut espérer une diminution de la consommation malgré les mesures d’économie prises. L’automobile est un exemple. En quelques trente années, la consommation moyenne par véhicule a été divisée de moitié mais entretemps le nombre d’autos en circulation a  presque triplé. S’y ajoutent de nouveaux besoins d’énergie, qu’il s’agisse de l’industrie qui multiplie les robots et les chaînes de production automatisées ou des nouveaux services internet. Les centrales de serveurs utilisent le courant d’une ville et les milliards de lecteurs individuels de toutes sortes consomment toujours plus d’électricité.

A moins de trouver d’autres sources d’énergie produites localement, le déficit commercial de la France déjà trop élevé va devenir insupportable.
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Copyrigth Marc-André Charguéraud. Genève. 2012. Reproduction autorisée sous réserve de mention de la source.