Austérité non…efficacité oui.

 

Diminution draconienne des salaires des fonctionnaires et des retraites du public et du privé, ventes précipitées de biens de l’état et privatisation massive des services publics, ce sont quelques- unes des mesures d’austérité imposées par ses créanciers à la Grèce et dans une moindre mesure au Portugal. Cette austérité appliquée à la France serait fatale et parfaitement inutile pour un pays qui possède une base économique infiniment plus solide.

D’autres moyens existent pour diminuer les déficits de la France. Ils sont certes moins radicaux et ne donneront les résultats nécessaires que progressivement pendant le quinquennat qui vient. Ils doivent être entrepris immédiatement et avec détermination. Les prêteurs verront que les bonnes décisions ont été prises, que leur application a commencé et ils reprendront confiance. Sinon ils exigeront des taux d’intérêt toujours plus élevés, précipitant le pays dans une spirale déficitaire infernale qui aboutira à la faillite.

Le maître mot : efficacité, « capacité de produire le maximum de résultats avec le minimum d’effort et de dépense. »[1] Une définition qui s’applique parfaitement à l’organisation de l’état. Un maximum de résultats pour un meilleur service public. Un minimum d’effort pour éviter une surcharge de travail du personnel. Un minimum de dépenses pour réduire le déficit du budget.

Une telle politique implique entre autres la redéfinition des tâches et des responsabilités en fonction des objectifs prioritaires à atteindre tout en éliminant les doublons. Des réglementations et des contraintes administratives surchargent et paralysent les services sans apporter une contribution substantielle. Des structures administratives s’empilent et se chevauchent. Le maquis des financements de toutes sortes est incompréhensible aux bénéficiaires potentiels et trop cher à administrer et à contrôler. La liste pourrait s’allonger. De multiples rapports officiels ont traité de ces sujets en détail. Il suffit de s’en inspirer.

La réduction importante d’emplois résultant de ces réformes structurelles permettra pour partie de renforcer les effectifs de fonctions essentielles sous dotées. Avant tout, elle permettra de réduire le déficit public.[2] Il s’agit là d’une question de survie d’un pays qui vit au-dessus de ses moyens. Un frein à l’embauche est la seule possibilité de réduction des effectifs dans la fonction publique. Il devrait suffire à l’application de cette réévaluation de l’organisation de l’administration publique.

Vos commentaires à : a.chargueraud@gmail.com.

Copyrigth Marc-André Charguéraud. Genève. 2011. Reproduction autorisée sous réserve de mention de la source.



[1] Petit Robert.

[2] D’autres secteurs participeront aussi à cette réduction.