Le pouvoir d’achat a augmenté mais….

 

…mais les Français disposent de moins d’argent !

Depuis 2007 le pouvoir d’achat moyen des Français a progressé de 6,7% selon l’Insee. Ce chiffre tombe à 3,2% si l’on « tient compte à la fois de la croissance du nombre de ménages et de l’évolution de leur composition »[1]. Même s’il s’agit d’un résultat trop faible, c’est une bonne performance alors que l’Europe traverse la plus sévère crise économique depuis 1930 et que dans la très grande majorité des autres pays européens le pouvoir d’achat de sa population s’est affaissé.

Malgré cela, en France, le revenu disponible a diminué pour la plupart des ménages. Rarement évoquée, la principale raison tient en deux mots « diminution du crédit ».[2] Une majorité des Français de la classe moyenne, de beaucoup la plus nombreuse, achètent à crédit sa voiture, sa télévision et autres appareils ménagers, son informatique (PV, Ipod, Ipad, Smartphone…) et même pour certains, ses vacances ou sa piscine….Conséquence, leur pouvoir d’achat augmente du montant du crédit supplémentaire obtenu. Ils peuvent acheter plus puisqu’ils ne règlent que 50% du prix d’achat, voire moins, repoussant à plus tard le paiement du solde.

Les années suivantes, pour maintenir ce niveau artificiel de leurs dépenses malgré le règlement des intérêts et le remboursement progressif du capital emprunté, les ménages doivent accélérer les recours aux emprunts, quitte pour quelques-uns à se trouver en état de « surendettement ».[3]

La crise aiguë, qui n’épargne personne, rend les gens inquiets sur leur avenir. Ils freinent donc la souscription de nouveaux crédits comme le montrent depuis quelques mois les statistiques publiées. Le poids des intérêts et des remboursements de capital des crédits souscrits les années précédentes se fait alors de plus en plus lourd sur leur revenu. Pour eux le pouvoir d’achat disponible diminue.

Suite de cette nouvelle tendance, une mauvaise nouvelle : la consommation va diminuer, et une bonne nouvelle : l’endettement total des ménages diminuera aussi, or il s’ajoute à l’endettement de la nation qui dépasse largement le seuil inacceptable de 85% du PIB. On aimerait que l’état aille dans la même direction et diminue son train de vie afin d’éviter un déficit annuel qui augmente années après années le montant de sa dette.

Vos commentaires à : a.chargueraud@gmail.com.

Copyrigth Marc-André Charguéraud. Genève. 2011. Reproduction autorisée sous réserve de mention de la source.



[1] Le Monde, 29 et 30 avril 2012, p.3.

[2] L’augmentation du prix de l’essence, du logement, n’est pas toujours compensé par la diminution d’autres prix et constitue un autre facteur d’appauvrissement.

[3] Ceci ne concerne pas les classes pauvres qui n’empruntent, lorsqu’elles le peuvent, que pour survivre.