Diminuer la dette c’est inutile et dangereux

 

Il faut stopper son augmentation. 

 Les médias, les politiciens, les économistes, tous nous répètent qu’il est vital d’agir rapidement pour diminuer la dette du pays. C’est inutile. La dette accumulée se réduira automatiquement au fil des années. L’inflation qui restera bien présente dévalorisera en dix ans le montant en francs constants de la dette de 30%.[1] Pendant ce temps la croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) devrait atteindre les 20%.[2] Grâce à ces deux facteurs la dette deviendra acceptable, réintégrant la France parmi les pays financièrement solides.

Vouloir réaliser un budget excédentaire qui permette de réduire la dette de façon significative serait suicidaire. Ce sont des dizaines de milliards d’euros d’économies qu’il faudrait trouver chaque année. Les mesures d’austérité nécessaires entraîneraient une régression du PIB, des troubles sociaux graves et signeraient la fin de tout espoir de croissance. Le vrai problème, c’est de stopper aussi vite que possible la progression de la dette. Pour cela les comptes de la nation doivent être équilibrés. Atteindre ce but nécessite déjà un niveau d’austérité sévère qu’il faudra moduler pour le rendre acceptable par le pays.

Depuis des décades la dette augmente. Elle n’est jamais remboursée mais simplement renouvelée au taux d’intérêt du jour. Celui-ci augmentera si le pays vit au-dessus de ses moyens et que la progression de la dette n’est pas jugulée, car les prêteurs perdront  confiance. A plus de 85% du PIB, la dette actuelle dépasse largement le seuil tolérable.

Le taux d’intérêt des emprunts à 10 ans est actuellement de 2,70%. Ils passeront à au moins un point de plus, soit  3,70%, si des mesures drastiques ne sont pas prises. La dette publique en euros étant de 1 700 milliards et sa durée de 7 ans, c’est en moyenne 250 milliards qui seront renouvelés dans les années qui viennent. Avec un taux plus élevé d’un point seulement, la charge supplémentaire des intérêts augmentera chaque année de 2,5 milliards d’euros pour atteindre 12,5 milliards en 2016. Le total pendant le quinquennat s’établira à 37,5 milliards d’euros. Ces chiffres s’ajoutent au service actuel de la dette qui a déjà le niveau insupportable de 50 milliards d’euros par an.[3]

Vos commentaires à : a.chargueraud@gmail.com.

Copyrigth Marc-André Charguéraud. Genève. 2011. Reproduction autorisée sous réserve de mention de la source.



[1] Elle a été de 2,7% en 2011 et on peut estimer qu’au cours des dix prochaines années son cumul dépassera les 30%. Cette perte de valeur sera principalement à la charge des créanciers.

[2] Croissance de 1,85% par an cumulés.

[3] Soit 80,5 milliards, le niveau du budget de l’éducation publique !