La Suisse un exemple économique ?

 

La Suisse est un pays très défavorisé. Sur le plan des ressources naturelles, ni charbon, ni minerai de fer, ni pétrole, ni gaz. La Suisse  doit importer les 4/5èmes de ses besoins en énergie. Le pays n’a pas d’accès direct à la mer. L’industrie lourde n’est donc pas possible. La majeure partie de son territoire est couverte de montagnes. L’exiguïté de son domaine cultivable interdit toute culture intensive et oblige le pays à recourir largement à l’importation.[1] Du fait de la topographie du pays, son réseau de transport est coûteux. Ni canaux, ni voies navigables dans le pays. Et pourtant  aucun pays de la zone Euro n’a une performance économique qui approche celle de la Suisse.

La balance commerciale de la Suisse a toujours été positive ces 30 dernières années.[2] Les crises l’ont peu affecté. Son solde a continué sa progression de FS 10,2 milliards en 2007 à 11,4 milliards en 2010. Ce dernier chiffre représente 11,5% du Produit Intérieur Brut (PIB). En 2011 le budget de l’état présente un surplus de recettes et la dette publique est inférieure à 40% du PIB. Le taux de chômage à 3,6% en 2011 atteint un minimum historique.[3]

Les grosses entreprises représentent 60% des exportations suisses. La pharmacie avec 28%, suivie des machines 12%, de la chimie 10%, de l’horlogerie 8%. Dans les années 1970, la concurrence féroce d’Extrême Orient a fait chuter de 60% le nombre de montres exportées. La profession a su contrattaquer en misant sur le haut de gamme. Entre 1975 et 2001, la valeur par pièce exportée a été multipliée par quatre et la Suisse a repris sa position de leader mondial..

Ce sont les entreprises moyennes qui exportent le solde restant de 40%. Dans de nombreux cas elles se placent parmi les leaders mondiaux de leur spécialité.

De nombreux pays européens devraient examiner les raisons de ce succès et en tirer des enseignements.

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Copyrigth Marc-André Charguéraud. Genève. 2012. Reproduction autorisée sous réserve de mention de la source.



[1] Le prix de revient du blé cultivé en Suisse est le double de celui cultivé en France.

[2] Solde entre les exportations et les importations de marchandises et de services. La gestion de fortune par les banques suisses n’entrent pas ici en ligne de compte.

[3] Calculé selon les critères du Bureau International du Travail.