Italie : bien placée pour sortir de la crise.

 

A l’automne 2011, l’agence de notation Standard & Poor’s rétrograde la note de l’Italie, le taux d’intérêt de la dette à dix ans bondit en un an de 3,80% à 7%. De nombreux économistes et commentateurs prédisent la faillite du pays. La situation est très grave, mais elle n’est pas critique. Quelques chiffres donnent matière à réflexion.

La dette italienne dépasse 1 900 milliards d’euros, soit 121% du PIB. Cette situation dangereuse n’est pas nouvelle. En 1999 le pays n’était pas en crise et pourtant la dette était déjà de 113%. Elle s’est depuis là moins vite accrue que celle de l’Allemagne, qui de 61% en 1999 est passée à 82% pendant la même période.

La dette italienne est détenue pour les 2/3 par des Italiens, ce qui constitue un avantage lors de son renouvellement. L’investisseur étranger change facilement de pays, le national hésite et préfère investir chez lui. Une des plus longues d’Europe, l’échéance moyenne de sa dette est de 7 ans. Le danger de non renouvellement aux échéances annuelles en est diminué.

En 2011, l’Italie a eu un surplus de 0,5% de son budget primaire (avant le service de sa dette). Le FMI prévoit qu’en 2013 ce surplus dépassera 4%, une situation unique parmi les pays de l’Europe méditerranéenne. En 2011, le déficit budgétaire de l’Italie s’établit à 3,9% du PIB, il est de 1% en Allemagne. Les deux pays visent l’équilibre en 2014.

Le taux de croissance de l’économie italienne a fléchi à 1,3% en 2010 alors que l’Allemagne affiche un taux de 3,6%. Mais peut-on ignorer les dix dernières années pendant lesquelles l’Italie a fait la course en tête ? De 1999 à 2010, progression du PNB de 71% en Italie contre 54% en Allemagne. En 1999, le PNB italien représentait 54% de celui de l’Allemagne, il en représente 63% aujourd’hui.

Autre indice important, le taux d’investissement. Il s’élève à 19,3% du PIB en Italie contre 17% en Allemagne. La valeur des exportations italiennes s’établit à 24% du PIB, un chiffre qui reste loin derrière les 60% réalisés par l’Allemagne.

Le programme de réforme des structures trop archaïques entrepris par Mario Monti met fin à une situation politique chaotique. Après une période d’austérité défavorable à la croissance, les données fondamentales solides du pays devraient soutenir une reprise vigoureuse. Troisième puissance économique en Europe, huitième dans le monde, l’Italie a montré pendant ces dernières années son dynamisme économique.

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Copyrigth Marc-André Charguéraud. Genève. 2011. Reproduction autorisée sous réserve de mention de la source.