Total enrichit les nantis.

 

 Au lieu de consacrer ses importants bénéfices au développement de la société et à l’amélioration du pouvoir d’achat de ses salariés dans le monde, TOTAL distribue des dividendes exorbitants à ses riches actionnaires. Ce discours est sur les lèvres de nombreux politiciens, syndicalistes et commentateurs. Les chiffres publiés en 2010 par Total dans son rapport annuel audité par une grande société internationale de révision peignent une réalité beaucoup plus nuancée.

En 2010, le bénéfice net consolidé s’élève à 6,8% du chiffre d’affaires de 159,3 milliards, soit 10, 8 milliards d’euros. Les dividendes aux actionnaires sont de 5,1 milliards soit 3,2% du chiffre d’affaires.

Plus des deux tiers des actionnaires sont des « institutionnels » tels que fonds de pension, de prévoyance, assurances, fonds de placement collectifs… Les dividendes que ces entités encaissent leur servent à payer des retraites, des sinistres, à rémunérer de petits comptes, à honorer des engagements d’assurance vie… C’est donc au profit de centaines de milliers, voir de millions de personnes de condition relativement modeste que ces dividendes sont payés. On ne peut pas les oublier.

Les actionnaires privés touchent eux un tiers du bénéfice, soit 1,680 millions. Sur ce montant ils vont acquitter leur impôt sur le revenu, qui pour ces personnes « riches » va s’élever à 40%,  laissant un montant à leur disposition de 1 milliard. Une somme énorme, mais ils sont nombreux à la partager. Une somme relativement faible, car elle ne représente que 5% du bénéfice de TOTAL avant impôt de 20,9 milliards.

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