La France a manqué la première étape du « solaire »

 

Les principaux fabricants de panneaux solaires en Europe sont allemands. La production française est marginale. La puissance d’énergie solaire installée en France ne représente que le dixième de celle opérationnelle outre Rhin. Un succès pour les Allemands, un échec pour les Français ? Probablement pas, si la France prend aujourd’hui les bonnes décisions.

Les producteurs de panneaux solaires allemands sont à la peine. Solon qui fut le numéro un et emploie encore 800 salariés a déposé son bilan. Q-Cell, le leader actuel, a perdu plus de 90% de sa valeur en bourse et frôle la faillite.  Solarworld  qui suit Q-Cell de près a vu sa production plonger et sa valeur boursière perdre 50%.

La demande de panneaux solaires s’est effondrée l’année dernière lorsque le gouvernement a fortement réduit ses subventions au prix d’achat de l’électricité produite. L’explosion du nombre d’installations pesait trop lourd sur le budget de l’état. L’importation en quantité de panneaux chinois de bonne qualité, dont la production elle-même est largement subventionnée par l’état, a accéléré le déclin. En septembre 2011 la faillite de l’importante société américaine de panneaux solaires Solyndra illustre ce renversement  brutal de situation. Cette société avait pourtant reçu plus de $500 millions de l’Etat fédéral. En pure perte.

L’énergie solaire ne deviendra un facteur majeur dans la production d’électricité que le jour où il ne sera plus nécessaire de soutenir son prix de vente avec des subsides étatiques. Pour devenir compétitif avec les autres formes de production, le rendement des cellules solaires doit augmenter et sa fabrication diminuer ses coûts.

A terme, une politique de financement à grande échelle par l’état d’un produit trop cher est vouée à l’échec. Les fonds disponibles, plutôt que d’être consacrés à la consommation, doivent impérativement soutenir la recherche afin d’obtenir des cellules photovoltaïques plus performantes. Cette recherche, pour être efficace, devrait allier les organismes des recherches étatiques et ceux des sociétés privées, et idéalement se situer au niveau des principaux acteurs européens. La France, qui a pris du retard dans la première étape, est bien placée pour saisir cette occasion de reprendre les rênes.

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Copyrigth Marc-André Charguéraud. Genève. 2011. Reproduction autorisée sous réserve de mention de la source.