Natixis, interdiction formelle de spéculer…enfin !

 

 Le 25 février 2012, le groupe bancaire BPCE décide de mettre fin à toutes ses activités spéculatives pour compte propre.[1] Il était plus que temps. La BPCE est issue du rapprochement en 2006 des Banques populaires et des Caisses d’épargne. Avec un manque patent d’expérience, Natixis, leur banque d’affaires, va se lancer massivement dans les opérations spéculatives.

Natixis ne se limite pas à la spéculation classique sur des devises, des titres, des emprunts, des produits structurés opaques. Elle investit des sommes importantes dans le système « Ponzi » de Madoff et perd 450 millions de dollars. Natixis va plus loin et participe elle-même à la création d’actifs douteux en prenant le contrôle aux Etats-Unis de la CIFG, un important réhausseur de crédit. CIFG utilise le AAA de sa maison mère en France pour donner sa garantie et transformer ainsi des prêts risqués en placements recevant cette meilleurs note financière, moyennant une confortable commission. La crise américaine des hypothèques et des emprunts communaux précipitera CIFG dans un abîme financier.

Pour éviter la faillite de Natixis, son capital est augmenté en 2008 de 3,7 milliards d’euros et la BPCE apporte une garantie de 35 milliards d’euros. Rien ne montre plus le désastre que la chute dramatique de la capitalisation boursière de Natixis. 30% du capital a été vendu en 2006 au public sur la base de  19,55 euros par action. Fin février 2012 l’action ne vaut plus que 2,60 euros, malgré un retour aux profits. Le public, qui avait placé sa confiance dans la gestion réputée prudente des Caisse d’épargne et des Banques populaires, a perdu 6,5 milliards d’euros, 87% de son prix d’achat !

Pour la BCPE, qui détient 70% du capital, la moins-value dépasse les 15 milliards. Pourquoi avoir attendu des années pour mettre enfin un terme définitif à cette dérive financière proprement catastrophique ? Comment justifier un pareil manque de contrôle alors que l’état, par la Caisse des Dépôts et Consignations, est le principal intervenant à la BCPE ?

Vos commentaires à : a.chargueraud@gmail.com

Copyrigth Marc-André Charguéraud. Genève. 2012. Reproduction autorisée sous réserve de mention de la source.

 

 



[1] AFP. « Compte propre » argent appartenant aux actionnaires. La décision ne concerne pas les dépôts des clients pour lesquels la banque suit les instructions de celui-ci.

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