France, non au gaz de schiste, Allemagne oui.

 

Le groupe Total vient de décider d’investir aux Etats-Unis $ 2,3 milliards dans l’exploitation de gaz de schiste. Le pétrolier veut s’assurer des sources de gaz naturel. Il sait que dans le monde et en Europe en particulier sa consommation va rapidement augmenter. Aux Etats-Unis l’Energy Information Administration estime pour 2009 que le gaz de schiste représente 14% de la production de gaz américain et projette un pourcentage de 46% en 2035.[1]

En Europe les géologues estiment que la France, l’Allemagne et la Pologne possèdent les gisements de gaz de schiste les plus prometteurs. Actuellement la Pologne effectue des recherches géologiques. L’Allemagne a entrepris des forages et va lancer un programme de fracturation des roches pour libérer le gaz. La France interdit toute exploitation et même des recherches pour évaluer l’importance des gisements. Craint-on que si ces recherches confirment l’existence d’importants gisements, la tentation de les exploiter ne l’emporte ?

Que ce soit au Texas, au lac Maracaibo au Venezuela ou dans les provinces maritimes du Nigeria, l’exploitation pétrolifère offre un paysage de désolation totale. La dégradation entraînée par l’extraction du gaz de schiste est heureusement bien moindre bien que très réelle. S’ajoutent les risques que cette exploitation comporte : énorme consommation d’eau, conséquences sismiques possibles, pollution éventuelle des nappes phréatiques par les produits chimiques utilisés.

Soit, mais la France importe près de 40% de son énergie de pays qui subissent ces dégâts. Pour le pétrole, elle peut arguer que la question ne se pose pas, elle n’en a pas. Mais pour le gaz de schiste, la problématique est tout autre. La France a besoin de gaz, mais même si elle en possède, elle refuse son exploitation. Elle importera. Aux autres pays de subir les conséquences de son extraction.

Total devra investir à l’étranger pour satisfaire les demandes du marché français. A-t-on suffisamment pris en compte l’impact positif d’un premier investissement  de Total de $ 2,3 milliards dans l’extraction du gaz en France ?  Des emplois et des impôts supplémentaires, une diminution du déficit de la balance commerciale, une contribution à la souveraineté énergétique du pays. De quel côté penche la balance entre problèmes et avantages ?

Vos commentaires à : a.chargueraud@gmail.com

Copyrigth Marc-André Charguéraud. Genève. 2012. Reproduction autorisée sous réserve de mention de la source.

 

 

 

 

 

 

 

 

 



[1] Economiste, 19 novembre 2011.