Le prix de l’énergie s’envole.

 

Un bienfait pour certains, un malheur pour d’autres.

Le prix de l’essence atteint des sommets, celui du gaz augmente cinq fois plus vite que l’inflation, la commission de régulation de l’énergie prévoit une augmentation du prix de l’électricité de 30% d’ici 2016.[1] Un économiste s’en réjouit.[2] Les énergies renouvelables et au premier rang le solaire et l’éolien vont devenir plus compétitives. Les clients seront contraints de réduire leur consommation.

Levée de bouclier de l’opinion publique relayée par les médias, les partis, les syndicats, les associations, il y a là une atteinte inacceptable au pouvoir d’achat. Les bonnes résolutions prises pour lutter contre le réchauffement climatique, contre la pollution, pour les énergies renouvelables et la souveraineté énergétique volent en éclats dès qu’elles touchent au niveau de vie du citoyen.

Aussitôt les autorités s’inclinent. Le gouvernement remplace l’indexation du gaz sur les cours mondiaux par une formule qui fait la part belle à l’inflation. L’opposition demande que l’on bloque le prix de l’essence ou du moins que l’état renonce à une partie des impôts qui en grèvent le prix. Tous deux appellent  l’EDF à revoir ses augmentations prévues de prix.

Si  le prix de l’essence et du gaz qui viennent de l’étranger ne sont pas alignés sur les prix du marché, les compagnies géantes qui les importent devront régler la différence, une facture de milliards d’euros. L’état impose à EDF un volume croissant d’achat de KWH d’énergies renouvelables à des prix dépassants son propre prix de vente au consommateur. Le déficit qui en résultera devra être absorbé par l’actionnariat dont l’Etat détient la majorité.

Une telle politique de blocage direct ou indirect des prix ne peut que motiver les groupes impliqués à rediriger leurs investissements vers l’étranger, où ils trouvent des marchés plus dynamiques et moins pénalisants. Ne risque-t-on pas d’ajouter aux délocalisations d’usines celles d’investissements industriels ?

Copyrigth Marc-André Charguéraud. Genève. 2012. Reproduction autorisée sous réserve de mention de la source.



[1] AFP, 17 janvier 2012.

[2] Bernard Maris à l’émission de C’est en l’air le 18 janvier 2012.

Comments are closed.