La dette, un problème ?

 

« La réduction des déficits et de la dette est un impératif », écrit François Hollande dans un récent article.[1] Le candidat à la présidence reflète l’opinion de l’ensemble des intervenants qu’ils soient de gauche, du centre ou de droite.

Une simple réduction des déficits n’est pas suffisante. Les gouvernements doivent aller au-delà et équilibrer leur budget.  Le retour à des charges inférieures aux recettes évite l’augmentation insupportable de la dette et conditionne le retour à la confiance des marchés. Le renouvellement des emprunts arrivant à échéance sera alors assuré à un taux raisonnable. Le gonflement continuel et coûteux de la charge de la dette s’arrêtera.

Pour être économiquement et socialement supportable, le retour à un budget sans déficit prendra plusieurs années. Chaque pays devra détailler dans le temps des objectifs atteignables et montrer qu’il les met en œuvre sans tarder. « Rien de sérieux ne sera possible sans la croissance », écrit aussi Hollande. Austérité et relance sont intimement liées. Différents moyens existent pour relancer l’économie.[2]

Il est dangereux de vouloir réduire la dette et de simultanément revenir à l’équilibre du budget. Les mesures d’austérité nécessaires seraient trop sévères pour être supportables socialement. Aucun niveau de reprise crédible ne permettrait d’éviter une récession profonde et l’enchaînement du cycle négatif qui en est la conséquence.

Si la dette n’augmente plus grâce à l’équilibre budgétaire, il est inutile de prendre des mesures pour l’amortir. Le passage des années s’en chargera. Sur une dizaine d’années, mécaniquement, un pays ayant une dette de 100% de son PIB verra ce pourcentage baissé aux 60% demandés par les instances internationales. Il suffira que pendant cette période, le taux annuel moyen de l’inflation soit de 2,5% et que le PIB augmente de 1,5% par an. Des progressions qui restent modérées.[3]

Vos commentaires à : a.chargueraud@gmail.com

Copyrigth Marc-André Charguéraud. Genève. 2012. Reproduction autorisée sous réserve de mention de la source.



[1] Le Monde 17/12)2011, p, 15.

[2] Autres articles.

[3] Le taux d’inflation 2011 de la zone euro atteint 3%.