Vaincre la crise européenne

 

Une solution possible.

La Banque centrale européenne (BCE) décide de dévaluer le taux de change euro/dollar de 1,35 actuellement à 1,10. Une opération que nombre d’économistes jugent impossible. Pourtant la Banque nationale suisse, pays sans contrôle des changes, vient de réussir à modifier le taux de change entre le franc suisse et l’euro, passant de 1 à 1,20. Elle a annoncé qu’elle soutiendrait l’opération en émettant sans limites les francs suisses nécessaires. La spéculation n’a pas tenté sa chance contre un pays financièrement vulnérable dont le PIB ne dépasse pas 5 ou 6% du PIB de l’Europe.

Si la BCE dévalue ainsi l’euro, elle devra garantir de manière déterminée et sans faille qu’elle mettra sans limites le nombre d’euros nécessaires pour défendre le seuil de 1,10 euro par dollar. L’exemple de la Suisse, pays germanique, vertueux et prudent, devrait rassurer les Allemands. Moins encore que dans le cas suisse, la crainte d’une attaque massive de la spéculation ne doit être redoutée. Elle n’est pas de taille à lutter contre la deuxième puissance mondiale. L’utilisation limitée de la planche à billets n’entraînera pas d’inflation massive comme dans les années 1920.

Sans modifier leur prix de production, les exportations européennes peuvent baisser leurs prix de quelque 20% dans les pays d’importation liés directement ou indirectement au dollar dont le très important yuan chinois. L’Europe retrouve pendant quelques années sa compétitivité. Finis les déficits des balances commerciales. Les réserves de devises s’accumulent, confirmant une nouvelle santé de l’euro et garantissant sa survie. L’augmentation des prix des produits importés, relance la production nationale et freine les délocalisations.

L’accroissement des exportations entraîne une augmentation sensible de la production, une embellie soutenue de l’emploi, une diminution du chômage, une reprise du pouvoir d’achat et de son corollaire la consommation, soutien supplémentaire à la production. Le cercle vertueux fonctionne et on échappe au cercle vicieux : austérité, récession, déficit. Le Produit National Brut (PIB) progresse. La relance de la croissance réclamée par tous les peuples d’Europe se matérialise. Même l’Allemagne en aura besoin, car sa croissance exemplaire s’essouffle rapidement.

La BCE, si elle finance directement ou indirectement les déficits des pays membres vulnérables, ne s’attaque pas aux racines du mal. La dévaluation, elle, relance la croissance de chaque pays et leur laisse le temps de mettre en place les réformes nécessaires au rééquilibrage de leurs comptes. La BCE aura joué son rôle normal de défense de l’euro.

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Copyrigth Marc-André Charguéraud. Genève. 2011. Reproduction autorisée sous réserve de mention de la source.