L’Euro est mort, vive le Dollar.

 

Pour de nombreux commentateurs politiques, économiques et financiers, l’euro va inéluctablement être emporté par la crise qui met l’Europe à genoux. Le dollar-roi en sortira plus dominant que jamais. Pourtant, même en mauvaise santé, l’Europe et sa monnaie se portent nettement mieux que l’Amérique et son dollar.

On oublie souvent que le revenu intérieur brut (PIB) de l’Europe fait jeu égal avec celui les Etats-Unis, première puissance industrielle du monde.  Indice important de sa vitalité, la balance commerciale du vieux continent frôle l’équilibre. Celle de l’Amérique est désespérément déficitaire.[1]

L’endettement moyen de l’Europe atteint un peu plus de 80% de son PIB, un niveau dangereux. Dépassant 100% de son PIB la dette des USA a dépassé la cote d’alerte. Autre indice important, le taux d’inflation annuel. Il atteint 4% outre atlantique et n’atteint que 3% sur le vieux continent. La BCE a encore une marge de manoeuvre, son taux directeur est de 1,25 alors qu’il est proche de zéro aux Etats-Unis.

Face au dollar, la force actuelle de l’euro reflète le soutien relatif des financiers à l’Europe. Sinon pourquoi un euro vaudrait-il $1,38  actuellement ? Rappelons qu’il a été émis initialement à 1 pour 1 dollar et qu’en 2000, alors que l’Europe n’était pas en crise, l’euro est descendu à 0,82 pour un dollar. Les agences de notation ne se sont pas trompées. La note de la dette souveraine américaine n’est créditée que d’un AA+, alors que le seul instrument financier en euros commun à l’Europe, le Fonds européen de stabilité financière (FESF) s’est vu décerné un AAA.

Cette convergence d’indices positifs pour l’euro n’a manifestement pas été retenue par ceux qui attaquent les pays d’Europe l’un après l’autre. L’explication, qui nécessite quelques développements, se résume en peu de mots : « le manque de solidarité inconditionnelle entre les nations européennes ».[2]

Vos commentaires à : a.chargueraud@gmail.com

Copyrigth Marc-André Charguéraud. Genève. 2011. Reproduction autorisée sous réserve de mention de la source.

 

 

 



[1] Balance commerciale : différence entre ses exportations et ses importations. Le déficit commercial américain atteint presque 20%.

[2] Un autre article traitera du sujet.