Grèce : L’Europe a pris des risques inconsidérés.

 

 Quelle qu’en soit la forme, les aides financières qu’apporte actuellement la France à la Grèce sont autant de charges ou d’engagements des contribuables.[1] Ils pénalisent sévèrement les Français alors que l’austérité les frappe, d’où un ressentiment justifié largement répandu. L’enjeu est pourtant crucial, le plan de sauvetage actuel est destiné à éviter le naufrage financier de l’Europe. Les coupables sont ceux qui ont pris des risques aventureux il y a dix ans.

La Grèce est officiellement admise dans la monnaie unique européenne en janvier 2001. Bruxelles n’ignore pas qu’il est déjà question de plans d’austérité, de privatisations, de réformes de structures, d’impôts non payés, de fonctionnaires trop gâtés, d’inflation hors contrôle. L’importance de sa dette par rapport au Produit Intérieur pose la question de son emploi : financer des projets d’investissement ou combler le déficit de l’Etat. Rien n’est pris en compte. La décision d’accueillir la Grèce repose sur des considérations politiques et la France n’utilise pas son veto. Les Etats membres de l’eurozone en payent aujourd’hui le prix.

L’arrivée en Grèce de l’Euro a fait chuter les taux d’intérêts. L’Etat et les banques grecques empruntent alors sans retenue.[2] Dans le reste de l’eurozone, les Etats, banques, assurances, fonds de pensions, particuliers investissent dans une dette grecques de plus en plus importante. Tous pensent que liée à l’Euro, la Grèce ne sera jamais en cessation de paiement. Ils n’ont compris que trop tard que le chaos des finances de ce pays remet tout en question. Il leur faut maintenant accepter de grands sacrifices financiers sur cette dette pour éviter de perdre tout leur investissement. En sont-ils capables ?

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Copyrigth Marc-André Charguéraud. Genève. 2011. Reproduction autorisée sous réserve de mention de la source.



[1] Eurobonds, rachat de dette souveraine par la Banque Centrale Européenne, Fonds Européen de Soutien Financier.

[2] Les taux d’intérêt sur les hypothèques qui avoisinaient les 20% chutent à moins de 7%.