Politique énergétique allemande : un modèle ?

 

Les opposants au nucléaire citent en exemple la décision de l’Allemagne d’arrêter définitivement ses 5 sites en révision et de fermer les 12 sites restants en 10 ans.[1] C’est 23% de la production d’électricité qui doivent être remplacés alors que celle-ci devrait augmenter d’au moins 20% pendant cette période.

Le charbon et la lignite représentent déjà 42% de la production. Ces centrales sont parmi les plus polluantes d’Europe. Il n’est donc pas question d’en augmenter le nombre. Il faudrait au contraire, pour éviter le réchauffement climatique, en programmer la fermeture tant que les technologies de capture et de stockage du carbone qu’elles émettent n’auront pas été commercialement mises au point.

Les éoliennes et le solaire ont en commun un handicap important. Leur production n’est pas permanente et le stockage de leur énergie n’est pas économiquement envisageable avant de longues années. D’importantes unités de production pouvant prendre le relais doivent être installées.

En Allemagne les oppositions locales empêchent les installations d’éoliennes. Elles se concentrent donc off shore en Mer du Nord. La construction à grands coûts de lignes à très haute tension devient une nécessité pour alimenter le centre et le sud du pays.

Le solaire a connu un coup de frein dévastateur lorsque, devant l’explosion des demandes, l’Etat a réduit les subventions destinées à aligner le prix de l’énergie produite sur celui du marché.

Pour faire face à un déficit de production que l’on peut estimer dans 10 ans à au moins 30%, le ministère de l’économie préconise le recours à des centrales au gaz naturel importé et l’achat de courant à l’étranger. Une dépendance économique majeure pour l’Allemagne qui abandonne ainsi une partie de sa souveraineté énergétique.

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[1] Voir en particulier  les articles de The Economist du 20 août 2011 p.55 et Le Temps du 3 mai 2011 p. 6.