En finir avec les monopoles privés.

A la suite d’une conférence de presse de Google, les médias se sont fait l’écho des ambitions futuristes de la firme. Ils évoquent  même l’arrivée d’une « intelligence artificielle »… d’ici quelques décennies et des problèmes existentiels que cela poserait. Il y a beaucoup plus urgent.

Récemment, le commissaire européen à la concurrence déclarait que Google contrôlait 90% des recherches « on line » en Europe. Aux Etats Unis ce chiffre est de 70%

On doit applaudir le génie de ses deux jeunes fondateurs qui ont su non seulement  créer un nouveau concept, mais, ce qui est plus difficile encore, d’avoir en quinze ans réussi à écraser la concurrence.  Avec des moyens financiers importants, des équipes aguerries et une expérience technique hors pair, Yahoo n’a que 5% des recherches « on line » et le géant Microsoft n’en a que 2,5%.

Un bénéfice net de $14 milliards et une trésorerie nette de $60 milliards donnent à Google, deuxième capitalisation boursière d’un montant qui frise les $400 milliards, une puissance financière sans égale. Google décide de lancer Android, un système d’exploitation pour  téléphone mobile. En moins de cinq années 70% des « smart phone » l’utilise. Et la liste de sa capacité d’innover s’allonge.

L’American Telegraph and Telephone Company  (ATT) qui dominait  le marché des télécommunications a été forcée de se diviser en plusieurs entités.  Microsoft a été obligé d’ouvrir à la concurrence son navigateur « explorer ». Actuellement, l’achat de Time Warner Cable par Comcast pour $45 milliards est mis en question par l’état. Les deux géants du câble domineraient la télévision payante aux Etats-Unis.

Rien de tel pour Google et pourtant  l’enjeu de la recherche en ligne
dépasse très largement  celui d’un outil aussi sophistiqué soit-il.  Ici, il s’agit d’un service qui permet  d’établir le profil de centaines de millions, voire de milliards de personnes.  Un instrument hors pair pour  la publicité ciblée, l’ambition de tout annonceur.  Plus grave, l’information de la recherche  peut être hiérarchisée, pire orientée.  Cette incursion dans la vie privée est d’autant plus inacceptable qu’entre les mains de tiers et surtout d’états elle peut se révéler létale. Est-ce pour cela que les autorités américaines, les seules assez puissantes, se sont gardées d’intervenir ?

Coup d’arrêt sur l’énergie solaire.

A l’échelon industriel, le solaire est avec l’éolien une deux principales sources d’énergies renouvelables propres. Son prix de revient est actuellement largement supérieur à celui des énergies fossiles.  Pour encourager sa  croissance, directement ou indirectement, les états ont dépensé des dizaines de milliards d’euros de subventions.

En Europe, le solaire a connu la progression la plus spectaculaire en Espagne. En 2007 d’importantes primes et aides publiques sont accordées aux entreprises investissant dans le photovoltaïque.  Devant la situation catastrophique des finances du pays, le gouvernement réduit  considérablement les aides, les limite dans le temps et prend même des mesures rétroactives sur un système complexe de taxation. Le solaire opère à perte et son élan est brisé.

L’Allemagne a subventionné la différence du prix de l’énergie solaire par rapport au prix des énergies fossiles. Ce coût dépassait les quinze milliards d’euros par an. En deux temps ces subventions ont été radicalement réduites, portant un coup fatal aux nombreux industriels engagés dans le solaire. Même de très grandes entreprises comme Bosch et Siemens ont récemment  fermé leurs divisions solaires et passé en perte plus d’un milliard d’actifs. Il en va de même dans nombre d’états aux Etats-Unis.

Ces coups d’arrêt ont mis en cessation de paiement la plus grande usine chinoise de fabrication de panneaux solaires. Elle a été sauvée de la faillite grâce au soutien financier de l’état. Une seconde société n’a pas eu la même chance et l’état l’a récemment laissé aller à la faillite. Leurs prix défiant la concurrence avaient largement participé aux difficultés de leurs concurrents occidentaux.
Ce gâchis a entraîné la perte d’emploi de dizaines de milliers de travailleurs. Les investisseurs nombreux et enthousiastes ont perdu des milliards d’euros. Tout aussi important, les centres de recherches de ces entreprises ont disparu. La reprise sera lente.

L’utilisation abusive du terme « Energies renouvelables »

L’énergie renouvelable non polluante représente aujourd’hui moins de 4% de l’énergie totale consommée en Allemagne.

Pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre qui compromettent le climat de notre planète, les gouvernements comme les savants fixent des objectifs élevés dans l’augmentation rapide des énergies renouvelables. Meilleure élève de la classe, l’Allemagne annonce qu’en 2013  23% de sa production d’électricité est déjà réalisée à partir d’énergies renouvelables.

Le terme « énergies renouvelables » comprend malheureusement des énergies polluantes. Dans le cas allemand, 7,7% des 23,3% correspondent à la biomasse dont l’usage direct ou indirect produit des gaz à effet de serre.[1] Il est nécessaire que « l’énergie renouvelable et non polluante » existante puisse s’accroître rapidement. L’hydraulique qui représente 4,6% des énergies renouvelables non polluantes n’est pas dans ce cas, le solaire et les éoliennes sont eux non polluants. L’hydraulique produit de l’énergie verte permanente mais l’augmentation des volumes produits a peu de chances de se réaliser. Les sites qui pourraient en être équipés sont rares et les contraintes environnementales seraient politiquement quasi impossibles à surmonter.[2] Le solaire et les éoliennes représentent le solde de 11% de l’électricité produite en Allemagne qui peuvent être rapidement  développés.[3] 

Il est impératif de diminuer radicalement l’émission de gaz polluants. Or l’électricité ne représente pas plus qu’un tiers de la consommation totale d’énergie. Les transports routiers, maritimes et aériens, le chauffage et l’ l’industrie chimique sont les principaux utilisateurs des deux tiers restants. Ils utilisent le charbon, la lignite, le pétrole, le gaz et la biomasses, des énergies non renouvelables polluantes.

L’utilisation d’énergies non polluantes telles que le photovoltaïque et l’éolienne restent aujourd`hui les seules énergies renouvelables non polluantes dans la consommation totale d’énergie allemande où elle représente moins de 4% .[4] La même analyse appliquée à la Grande Bretagne ou la France donnerait des résultats nettement inférieurs, ces deux pays accusant un retard important sur l’Allemagne.

On voit que l’objectif de la Commission européenne demandant une réduction de 40% d’ici 2030 des émissions de gaz à effet de serre a peu de chance d’être atteint. Il faudrait pour cela que d’ici à 2030 la consommation d’énergie diminue de façon substantielle, or le Word Economy Outlook de l’International Energy Agency prévoit au contraire une augmentation. De nouvelles sources d’énergie non polluante seront-elles prêtes à temps de façon industrielle compétitive ? On pense à la plus prometteuse, la géothermie.



[1]Principalement le bois, les déchets urbains et agricoles et les déjections animales.

[2] Entre autre la disparition sous les eaux de villages. Notons que depuis 15 ans la production d’énergie d’origine hydraulique est restée stable.

[3]Le nucléaire représente 16,2 % de l’électricité produite. C’est de l’énergie non polluante mais non renouvelable. Elle doit être démantelée d’ici à 2020 et donc devient un passif qui devra être remplacé par de l’énergie verte.

[4]La production électrique ne représentant qu’un tiers de la consommation totale.

La France une démocratie ?

                      On peut se poser la question lorsque l’on constate   

      Le fossé profond  creusé  entre le peuple et les autorités le représentant.

L’école nationale d’administration (ENA) a pour mission de former les corps de hauts fonctionnaires. Or ils occupent aussi la majorité des postes gouvernementaux.  La séparation des pouvoirs entre l’administration et l’exécutif n’est pas respectée.
Les représentants de la fonction publique  sont surreprésentés à l’Assemblée Nationale qu’ils dominent. L’explication est connue. Pour eux, se présenter aux suffrages ne comporte aucun risque. Le fonctionnaire en fin de mandat électif retrouve son emploi. Il n’en va pas de même pour les dirigeants d’une entreprise ou pour l’agriculteur qui a quitté sa ferme ou le commerçant qui s’est retiré de son établissement…

Comme la plupart des démocraties la France a une chambre haute, le Sénat. Ses membres représentent les unités territoriales et sont élus au suffrage indirect par les élus locaux. Ailleurs les deux Parlements doivent approuver toutes nouvelles législations. En France un vote négatif du Sénat n’est dans les faits que consultatif. En dernier ressort c’est l’Assemblée Nationale qui décide.

Bien qu’élue au suffrage universel, l’Assemblée Nationale ne représente pas l’ensemble de la nation. Le système électif majoritaire, éliminent de fait des partis qui représentent moins de 10% de la population. La prime donnée au parti qui réunis le plus de voix lui permet d’être majoritaire au Parlement, même s’il ne représente que 20 ou 25% de suffrages.

Une majorité des électeurs se sentent ignorés. Ils ne sont pas ou mal représentés à l’Assemblée Nationale. Leurs élus territoriaux au Sénat sont dépourvus de tout pouvoir décisionnel. Le Parlement et le gouvernement sont dominés par les membres de la fonction publique. De nombreuses réformes urgentes sont ainsi bloquées. Un désenchantement du peuple envers les « politiques » en résulte. La crise grave que le pays traverse et les sacrifices qu’elles demandent  pousse ce mécontentement  à son paroxysme.  La multiplication des grèves et des rébellions locales en attestent. Pour  sortir de cette impasse dangereuse, il faudrait que les groupes politiques dominants aient le courage de décider de reformes qui restaurent la confiance du peuple envers ses dirigeants.

Cet article a été publié sur Le Cercle des Echos.

Transition énergétique : Le cas du nucléaire.

Les centrales nucléaires devront acquitter la nouvelle « contribution climat-énergie », désignation actuelle du projet de « taxe carbone ». Pourtant le nucléaire est une énergie « propre », elle ne produit pas de gaz carbonique (CO2). Certes, mais il faut bien trouver des fonds. « Les centrales nucléaires » sont amorties, elles sont donc très rentables. Elles doivent montrer leur solidarité.

On semble oublier qu’il est urgent qu’elles procèdent à des investissements très importants pour se conformer aux nouvelles normes de sécurité indispensables après la catastrophe de Fukushima.

On dénonce très justement que les sommes accumulées pour faire face aux démantèlements de centrales en fin d’exploitation sont insuffisantes. Il faut donc immédiatement que les exploitants les augmentent considérablement. Comment  pourront-ils le faire si la « taxe carbone » diminue leurs possibilités de financer  cette priorité ? On doit ajouter que chaque année supplémentaire d’exploitation permettra d’augmenter ces provisions pour un démantèlement qui devra intervenir tôt ou tard.

En fin de compte qui va payer cette « contribution climat-énergie » ? C’est une fois de plus l’Etat, puisqu’il détient 85% des actions du propriétaire de ces centrales, l’Electricité de France, et donc indirectement le contribuable.

L’énergie hydraulique, celle de nos barrages, est exemptée de toute taxe carbone. Pourtant, comme elle, l’énergie nucléaire est « propre », largement amortie et est assurée du combustible dont elle a besoin pendant la durée de vie qui lui reste.[1] Au nom d’une solidarité souvent évoquée, les énergies propres ne devraient-elles pas toutes acquitter la taxe carbone ?

 



[1]L’uranium dont le nucléaire français a besoin existe très largement pour assurer plus de 50 d’exploitation au rythme actuel et les 2/3 sont importés du Canada.

Les dangers qui menacent la Chine.

Ils peuvent remettre en question son modèle économique et compromettre sa présence mondiale.

La Chine n’est pas à l’abri de crises financières, mais leurs conséquences sont actuellement mieux contrôlables que dans les autres pays. Récemment Pékin a jugulé la crise aigüe de liquidités de ses banques par une injection de seulement $ 2,8 milliards. Des dizaines de milliards ont été nécessaires aux Etats Occidentaux confrontés il y a trois ans à la même crise.

Un capitalisme d’Etat qui contrôle la vie économique, une banque centrale aux ordres du pouvoir sont de puissants outils de régulation. Une dette de l’Etat de 45% du Produit Intérieur brut, des réserves de devises de $3,6 mille milliards donnent une puissance d’intervention sans égale.  Un strict contrôle des changes protège le pays de crises financières étrangères.

Ce contrôle des changes aurait dû être aboli lorsque la Chine a rejoint l’0rganisation pour le Commerce Mondial. Pékin peut encore moduler son taux de change pour favoriser ses exportations.  En 2012, les salaires ont encore augmenté de 17%, rendant la production chinoise moins compétitive.  La consommation intérieure en sera stimulée.  Le potentiel d’augmentation de la productivité est important. Un accroissement de l’automation des tâches jouera un rôle essentiel. Aux biens de consommation courante en déclin viendront s’ajouter des produits industriels à valeur ajoutée plus importante. C’est déjà le cas pour les installations de télécommunication et les PC, tablettes et smartphones. Les TGV, les centrales électriques, les avions moyens courriers…suivront dans la prochaine décade.

La politique de restriction des naissances devrait constituer un sérieux handicap au développement économique du pays. Cette politique ne devrait pas avoir de conséquences majeures pendant les dix à quinze ans à venir. Rappelons que l’âge moyen de la population chinoise est actuellement de 32 ans. Il est de 39 ans aux Etats-Unis et de 42 en Allemagne, les principaux concurrents sur le marché international.

Les provinces chinoises, particulièrement celles du Sud et d’Ouest, ont été pendant des siècles des foyers insurrectionnels. Leur extrême pauvreté par rapport au reste du pays, leurs confessions religieuses et leurs langues  souvent différentes  expliquent ces révoltes contre le pouvoir central. Les autorités de Pékin sauront-elles y faire face ?

Dans dix ans la Chine dominera-t-elle l’économie mondiale ?

En quelques années les avancées économiques de la Chine ont radicalement transformé le pays et surpris le monde par leur ampleur. 5 000 kilomètres de TGV sont déjà installés. Ils représentent 50% des réseaux TGV de la planète et se comparent aux 2 100 km. de la SNCF. Les métros en service en Chine sont cinq fois supérieurs aux 400 km. du métro londonien. Il s’en construit des centaines de km. par an. Au cours des cinq dernières années, 50 000 km. d’autoroutes ont été ouvertes au trafic portant le total à 100 000 km. Pour rouler sur cet imposant réseau, en 2012, 19,3 millions de voitures ont été vendues, le double de la production américaine.

D’ici 2020 la part du nucléaire dans l’électricité passera de 1,1% à 4,4%. La production des 25 réacteurs en service passera de 12 gigawatts à 60 gigawatts en 2020, ce qui correspond à la construction de cinq nouveaux réacteurs par an.  40% de l’acier produit dans le monde est chinois. Dans des domaines aussi sophistiqués que les télécommunications avec Huawei et de l’informatique avec Lenovo, de nombreuses entreprises chinoises s’imposent dans le monde. La Chine fait partie du club des trois pays ayant envoyé un homme dans l’espace.

Les centaines de milliers d’ingénieurs qui sortent chaque année des universités assureront les développements futurs du pays. D’autant  plus que l’innovation constitue une priorité dans l’enseignement. Le marché intérieur est immense. La classe moyenne compte 400 millions de personnes et augmente de quelque 40 millions par an. L’économie d’échelle qui en résulte, un des importants facteurs qui a permis aux Etats-Unis de dominer le monde économique, prend ici une dimension inconnue à ce jour. De plus, dans les dix années qui viennent, la Chine disposera d’usines et d’infrastructures neuves et performantes, ce qui constitue un avantage substantiel sur celles vieillies du monde occidental .

Jusqu’à présent la Chine s’imposait comme le premier exportateur de biens de consommation. Dans les années qui viennent il en sera de même pour des produits industriels sophistiqués à haute valeur ajoutée. Il est probable que la Chine va devenir ce qu’elle a été pendant dix-huit siècles : la première puissance du monde.

La Chine tisse sa toile mondiale

Pas de prééminence économique sans une présence mondiale.

La Chine a bien avancé son programme d’implantation logistique dans des ports étrangers. Que ce soit à Singapour, Kyaukpyu (Myanmar), Colombo (Sri Lanka), Chittagong (Bangladesh) Karachi (Pakistan), Djibouti, Suez, Le Pirée, Le Havre, Anvers, Lomé (Togo), Tin Can (Nigéria) Seattle ou Los Angeles, la Chine est présente. Parfois elle prend le contrôle ou construit l’extension d’un port. D’autre fois elle achète une participation dans les terminaux portuaires existants ou loue à long terme des emplacements portuaires et y construit d’importants entrepôts. Le  but est de se constituer un réseau lui permettant d’optimiser la logistique de son commerce international.

En même temps la Chine doit assurer son accès aux matières premières nécessaires à son développement rapide et au premier plan au pétrole dont elle est déjà le premier importateur mondial. Pour accéder au pétrole et au gaz russes, elle participe à la construction d’un long pipeline qui aboutit chez elle. Elle vient de signer un contrat de livraison d’hydrocarbure russe de centaines de milliards de dollars. Ne tenant pas compte de l’embargo sur le pétrole iranien, elle en devient le principal acheteur. Là aussi un pipeline est en construction vers le Pakistan où Pékin s’active avec le pays à la construction d’une autoroute de l’océan indien vers la Chine. Les Etats-Unis importent de moins en moins d’hydrocarbures du Moyen Orient, les Chinois les remplacent progressivement.   En Irak, Pékin envoie annuellement $ 2 milliards pour financer l’extraction de pétrole. Des milliers de travailleurs chinois travaillent dans les champs de pétrole.

Les richesses minières africaines intéressent la Chine. Elle finance et envoie ses bataillons de travailleurs construire des infrastructures. Le projet en négociation pour construire un important port en Tanzanie, qui permettrait d’importer des quantités de cuivre produites dans le Nord-Est de la République démocratique du Congo, est typique de la politique chinoise.

La politique de la Chine est actuellement purement économique. Elle veut s’assurer des ressources dont elle a un besoin crucial. Est-elle à terme viable dans un monde où souvent la politique interfère avec l’économie ? L’exemple des Etats-Unis qui, parti d’une conquête économique du monde, se trouve de plus en plus obligé d’intervenir politiquement et même militairement constitue un danger pour Pékin.

La liberté de s’entretuer.

Les Occidentaux se sont-ils trompés de politique ?

Non sans affrontement parfois sanglants, de nombreux tyrans de pays islamiques du Moyen Orient et d’Afrique du Nord ont été renversés par un soulèvement populaire. En Libye les Anglais et les Français sont intervenus militairement. En Irak c’est une guerre menée sous la direction des Etats Unis qui a eu raison du tyran. En Syrie une guerre civile meurtrière n’a pas encore décidé du sort du dictateur. Les Occidentaux unanimes ont applaudi et soutenu cette « libération » des peuples qui ouvraient les voies de la démocratie. Ils seront déçus.

Après une courte période d’euphorie et l’élection d’un gouvernement légitime, deux groupes de citoyens se sont brutalement affrontés dans la rue. Islamiques stricte contre musulmans attachés à une société civile tolérante (Tunisie, Egypte, Yémen) Sunnites contre shiites (Irak, Syrie en cours), tribus (Lybie). L’ordre avait été maintenu entre ces composantes violemment antagonistes de la société par un pouvoir totalitaire. La chute des dictateurs leur a permis de se lancer dans des combats meurtriers. Elles utilisèrent leur liberté chèrement acquise pour s’entretuer.

Les économies déjà médiocres de ces pays se sont écroulées. Les classes moyennes sont ruinées, les pauvres deviennent misérables, les indigents désespérés. Le cahot économique, financier et social s’installe. On ne construit pas une démocratie avec des foules sans pain, sans logement, sans travail. Tous réclament un retour à l’ordre qui seul permet de relancer tous les espoirs.

Ce sont en général hélas les groupes les plus organisés qui s’imposent et assurent ce retour à l’ordre. Les mouvances jihadistes, des salafistes souvent affiliés de près ou de loin à la nébuleuse d’Al-Qaeda affirment leur présence dans tous ces pays. Elles sont bien organisées, entraînées, supérieurement armées et déterminées. L’exemple de l’Afghanistan avec la prise de pouvoir des Talibans après le cahot qui a suivi l’échec des Russes est prémonitoire. L’alternative dont personne ne veut c’est un nouveau dictateur généralement issu de l’armée.

La politique suivie par Occident semblent avoir oublié que la transition vers la démocratie est lente. La révolution françaises de 1789 engendra un empereur et il fallu attendre 50 ans pour qu’en 1848 la démocratie soit proclamée. Avec une information en temps réel qui atteint les masses, le temps s’est accéléré depuis. Ce qui fut de décades, prendra tout de même des années qui ne seront pas à l’abri de crises parfois aigues.

La productivité peut financer les déficits sociaux !

Lors d’une récente émission de télévision, la question du financement des vingt milliards annuels prévus de déficit des régimes de retraite fut posée. Pour le responsable du secteur assurance d’un grand syndicat la solution est simple : ponctionner de 20% les profits de quelque 100 milliards réalisés par les sociétés du CAC 40. Elles peuvent combler ce manque à gagner et retrouver leur profitabilité en augmentant leur productivité.

Est-ce le moment de réduire encore les marges bénéficiaires brutes des entreprises françaises ? Ces marges sont déjà largement inférieures à la moyenne européenne. De leur côté, les entreprises étrangères augmentent années après années leur propre productivité pour rester compétitives. Pendant ce temps les sociétés françaises verraient leurs progrès dans ce domaine confisqués par l’état. Leur manque actuel de compétitivité se creuserait alors que le gouvernement a fait de son amélioration un axe prioritaire de sa politique.

Le monde ouvrier et ses représentants sont opposés à la plupart des mesures dont disposent les dirigeants pour augmenter la productivité de l’entreprise. L’augmentation des cadences ou celle du temps de travail, la diminution des salaires sont des solutions simples souvent utilisées par les entreprises. Toutes sont négatives pour le personnel et entraînent des conflits sociaux.

Dans de nombreuses situations, l’automatisation de la fabrication permet de réaliser de substantielles économies bénéfiques à la position compétitive de la société. Sauf si celle-ci est en expansion rapide, l’effectif ouvrier sera réduit. C’est le chômage pour certains, une nouvelle affectation parfois lointaine ou une reconversion pour d’autres. D’âpres négociations pour un plan social, soutenues par des grèves, montrent le désaccord profond des travailleurs.

Confisquer au profit des retraites les progrès résultant de l’augmentation de la productivité n’est pas acceptable. La compétitivité en sortirait affaiblie. Prôner la productivité avec toutes les conséquences que cela implique semble paradoxal de la part d’un syndicaliste. A-t-il oublié les trente-cinq heures de Martine Aubry ? Elle décida de financer par une augmentation de la productivité le coût de la réduction du temps de travail sans réduction de salaire. La France paie aujourd’hui encore la perte de compétitivité que cette politique engendra.