Trop souvent, les banques refusent un crédit aux Petites et Moyennes Entreprises.

Unanimes, la classe politique, les médias, les syndicats…  dénoncent  la « frilosité » des banques à l’égard des PME.  Cette attitude serait d’autant plus scandaleuse que c’est  l’argent des contribuables qui a financé les milliards d’euros prêtés aux banques pour éviter qu’elles ne soient en cessation de paiement.

Des désastres financiers ont résulté de la crise des « subprimes. »  Pour éviter de telles catastrophes financières,  les mêmes intervenants ont  insisté pour que les banques appliquent le « principe de précaution ». Il est d’autant plus important que l’argent  que prêtent les banques n’est pas le leur, mais celui de leur clientèle.

Une première mesure de précaution a été de limiter les prêts à sept fois le montant des fonds propres de la banque.  Résultat, la trésorerie disponible pour accorder des crédits a diminué de façon importante.  Les crédits que la Banque Centrale Européenne a accordés récemment  aux banques qui prêteront aux PME  n’augmenteront pas les fonds disponibles des banques pour des prêts, car le ratio de 1 sur 7 demeure inchangé.

La crise a fragilisé financièrement de nombreuses PME. Les faillites se sont multipliées. Malgré un carnet de commande au plus bas, des PME ont gardé leur personnel en s’attendant à une reprise qui n’est pas venue.  Pour renflouer une trésorerie mise à mal, des stocks de produits finis ont été vendus.  Au nom d’un principe de précaution élémentaire, un prêt à de telles PME constitue un risque que les banques ne peuvent  pas prendre.

Il y a manifestement une contradiction. On ne peut en même temps encourager les banques à augmenter leurs prêts aux PME et leur demander d’appliquer le principe de précaution. La situation financière dégradée par la crise de certaines PME obligerait les banques à des prêts nettement plus risqués que par le passé.

L’euro ne sera pas dévalué.

Pour de très nombreux Français, un euro fort pénalise les exportations. Il en résulte un ralentissement de la production industrielle et le chômage s’envole. Paris dénonce les coupables, le Marché Commun à Bruxelles et la Banque Centrale Européenne à Francfort. Ils refusent d’accorder une priorité à la dévaluation de l’euro.

A l’exception de la France, tous les grands pays européens y compris l’Espagne et l’Italie ont une balance commerciale positive. Celle de la France par contre accuse un déficit de quelque 60 milliards d’euros. Malgré cette piètre performance l’Europe affiche un solde positif de plus de 110 milliards, le second dans le monde derrière la Chine.

Une dévaluation de l’euro améliorerait sa compétitivité et le solde positif de la balance commerciale de l’Europe s’envolerait.  Le solde commercial négatif des pays qui commercent avec l’Europe se creuserait pour atteindre des niveaux difficiles à supporter. Une telle évolution serait interprétée comme une déclaration de guerre. La bataille des dévaluations entraînerait le monde dans un cercle vicieux fatal aux équilibres mondiaux.

Une dévaluation dans un système de changes flottants est problématique. On peut affaiblir une devise en diminuant son rendement. Les taux pratiqués par la BCE sont déjà tellement bas que la voie est trop étroite pour obtenir des résultats significatifs. Est-il envisageable que la BCE décide d’appliquer un taux de change à la baisse en s’engageant à acheter sans limitation les capitaux étrangers qui se présenteront. Récemment la Suisse a procédé de cette manière avec succès.  L’énorme différence de taille d’une telle opération déséquilibrerait les flux financiers mondiaux.

 

Une dévaluation serait-elle une solution aux problèmes de la France ? Rien n’est moins certain. 60% des exportations françaises se font en Europe donc dans la même monnaie. Pourtant la France est là aussi déficitaire. Le manque de compétitivité est la principale source des difficultés économiques du pays. C’est à lui d’agir au lieu d’accuser l’Europe de ses maux.

Les banquiers français ne sont pas responsables de la crise actuelle.

Les accusations redoublent contre « financiarisation » de l’économie, source de tous nos déficits. Plutôt que de d’imposer une cure d’austérité à une population déjà accablée d’impôts, il faut prendre l’argent là où il est : dans les banques et les compagnies d’assurance qui nous pillent. Qu’elles paient  pour la spéculation effrénée qui a conduit le pays au désastre peut-on lire.

 La crise des « subprimes » en 2008 a provoqué un chaos financier aux Etats-Unis. Les banques ont financé en masse par des hypothèques les achats de logement d’une population qui n’avait pas les moyens de les assumer au moindre recul de la conjoncture. En Grande Bretagne, pour les mêmes raisons, deux grandes banques ont dû être « nationalisées» pour éviter la faillite. Plusieurs « Landesbank » en Allemagne ont dû être sauvées par l’intervention de l’état. En Suisse, la plus grosse banque du pays aurait été en faillite sans l’intervention de la Confédération. Elle avait accumulé pour des dizaines de milliers de dollars de titres américains, composés de portefeuilles d’hypothèques. Six années ont passé et des banques américaines continuent à afficher des pertes dues aux « subprimes ».

 Au total, ce sont des millions de dollars qui ont été perdus par la communauté financière. En France, rien de pareil, pas de crise des subprimes. Les banques ont été prudentes dans leur financement  des hypothèques. Alors pourquoi l’Etat a-t-il dû se porter momentanément à leur secours ? Lehman Brother, une importante banque américaine, a été acculée à la faillite et Washington a décidé de ne pas se porter à son secours (à tort de notre point de vue). La confiance entre les banques a disparu. Les transactions entre banques se sont taries. Il en est résulté une violente crise de « liquidités » qui a touché toutes les banques occidentales.

 Les banques françaises se sont toutes trouvées en difficulté. L’état s’est heureusement porté à leur secours en leur prêtant les milliards nécessaires à leur survie. En une année, la confiance interbancaire rétablie, toutes ces avances ont été remboursées. Le ministère des finances a même fait une bonne affaire, prêtant ces milliards à 6% alors que sur le marché les rendements avoisinaient  les 2%.

 Dans ce cercle vertueux, une banque fait exception : la banque Dexia. De folles spéculations ont précipité cette banque vers la faillite. Elle a été sauvée car elle était contrôlée par les états français et belge. Pour l’état français, la Caisse des Dépôts et Consignations a soldé à fonds perdus plus de dix milliards.

En finir avec les monopoles privés.

A la suite d’une conférence de presse de Google, les médias se sont fait l’écho des ambitions futuristes de la firme. Ils évoquent  même l’arrivée d’une « intelligence artificielle »… d’ici quelques décennies et des problèmes existentiels que cela poserait. Il y a beaucoup plus urgent.

Récemment, le commissaire européen à la concurrence déclarait que Google contrôlait 90% des recherches « on line » en Europe. Aux Etats Unis ce chiffre est de 70%

On doit applaudir le génie de ses deux jeunes fondateurs qui ont su non seulement  créer un nouveau concept, mais, ce qui est plus difficile encore, d’avoir en quinze ans réussi à écraser la concurrence.  Avec des moyens financiers importants, des équipes aguerries et une expérience technique hors pair, Yahoo n’a que 5% des recherches « on line » et le géant Microsoft n’en a que 2,5%.

Un bénéfice net de $14 milliards et une trésorerie nette de $60 milliards donnent à Google, deuxième capitalisation boursière d’un montant qui frise les $400 milliards, une puissance financière sans égale. Google décide de lancer Android, un système d’exploitation pour  téléphone mobile. En moins de cinq années 70% des « smart phone » l’utilise. Et la liste de sa capacité d’innover s’allonge.

L’American Telegraph and Telephone Company  (ATT) qui dominait  le marché des télécommunications a été forcée de se diviser en plusieurs entités.  Microsoft a été obligé d’ouvrir à la concurrence son navigateur « explorer ». Actuellement, l’achat de Time Warner Cable par Comcast pour $45 milliards est mis en question par l’état. Les deux géants du câble domineraient la télévision payante aux Etats-Unis.

Rien de tel pour Google et pourtant  l’enjeu de la recherche en ligne
dépasse très largement  celui d’un outil aussi sophistiqué soit-il.  Ici, il s’agit d’un service qui permet  d’établir le profil de centaines de millions, voire de milliards de personnes.  Un instrument hors pair pour  la publicité ciblée, l’ambition de tout annonceur.  Plus grave, l’information de la recherche  peut être hiérarchisée, pire orientée.  Cette incursion dans la vie privée est d’autant plus inacceptable qu’entre les mains de tiers et surtout d’états elle peut se révéler létale. Est-ce pour cela que les autorités américaines, les seules assez puissantes, se sont gardées d’intervenir ?

Coup d’arrêt sur l’énergie solaire.

A l’échelon industriel, le solaire est avec l’éolien une deux principales sources d’énergies renouvelables propres. Son prix de revient est actuellement largement supérieur à celui des énergies fossiles.  Pour encourager sa  croissance, directement ou indirectement, les états ont dépensé des dizaines de milliards d’euros de subventions.

En Europe, le solaire a connu la progression la plus spectaculaire en Espagne. En 2007 d’importantes primes et aides publiques sont accordées aux entreprises investissant dans le photovoltaïque.  Devant la situation catastrophique des finances du pays, le gouvernement réduit  considérablement les aides, les limite dans le temps et prend même des mesures rétroactives sur un système complexe de taxation. Le solaire opère à perte et son élan est brisé.

L’Allemagne a subventionné la différence du prix de l’énergie solaire par rapport au prix des énergies fossiles. Ce coût dépassait les quinze milliards d’euros par an. En deux temps ces subventions ont été radicalement réduites, portant un coup fatal aux nombreux industriels engagés dans le solaire. Même de très grandes entreprises comme Bosch et Siemens ont récemment  fermé leurs divisions solaires et passé en perte plus d’un milliard d’actifs. Il en va de même dans nombre d’états aux Etats-Unis.

Ces coups d’arrêt ont mis en cessation de paiement la plus grande usine chinoise de fabrication de panneaux solaires. Elle a été sauvée de la faillite grâce au soutien financier de l’état. Une seconde société n’a pas eu la même chance et l’état l’a récemment laissé aller à la faillite. Leurs prix défiant la concurrence avaient largement participé aux difficultés de leurs concurrents occidentaux.
Ce gâchis a entraîné la perte d’emploi de dizaines de milliers de travailleurs. Les investisseurs nombreux et enthousiastes ont perdu des milliards d’euros. Tout aussi important, les centres de recherches de ces entreprises ont disparu. La reprise sera lente.

L’utilisation abusive du terme « Energies renouvelables »

L’énergie renouvelable non polluante représente aujourd’hui moins de 4% de l’énergie totale consommée en Allemagne.

Pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre qui compromettent le climat de notre planète, les gouvernements comme les savants fixent des objectifs élevés dans l’augmentation rapide des énergies renouvelables. Meilleure élève de la classe, l’Allemagne annonce qu’en 2013  23% de sa production d’électricité est déjà réalisée à partir d’énergies renouvelables.

Le terme « énergies renouvelables » comprend malheureusement des énergies polluantes. Dans le cas allemand, 7,7% des 23,3% correspondent à la biomasse dont l’usage direct ou indirect produit des gaz à effet de serre.[1] Il est nécessaire que « l’énergie renouvelable et non polluante » existante puisse s’accroître rapidement. L’hydraulique qui représente 4,6% des énergies renouvelables non polluantes n’est pas dans ce cas, le solaire et les éoliennes sont eux non polluants. L’hydraulique produit de l’énergie verte permanente mais l’augmentation des volumes produits a peu de chances de se réaliser. Les sites qui pourraient en être équipés sont rares et les contraintes environnementales seraient politiquement quasi impossibles à surmonter.[2] Le solaire et les éoliennes représentent le solde de 11% de l’électricité produite en Allemagne qui peuvent être rapidement  développés.[3] 

Il est impératif de diminuer radicalement l’émission de gaz polluants. Or l’électricité ne représente pas plus qu’un tiers de la consommation totale d’énergie. Les transports routiers, maritimes et aériens, le chauffage et l’ l’industrie chimique sont les principaux utilisateurs des deux tiers restants. Ils utilisent le charbon, la lignite, le pétrole, le gaz et la biomasses, des énergies non renouvelables polluantes.

L’utilisation d’énergies non polluantes telles que le photovoltaïque et l’éolienne restent aujourd`hui les seules énergies renouvelables non polluantes dans la consommation totale d’énergie allemande où elle représente moins de 4% .[4] La même analyse appliquée à la Grande Bretagne ou la France donnerait des résultats nettement inférieurs, ces deux pays accusant un retard important sur l’Allemagne.

On voit que l’objectif de la Commission européenne demandant une réduction de 40% d’ici 2030 des émissions de gaz à effet de serre a peu de chance d’être atteint. Il faudrait pour cela que d’ici à 2030 la consommation d’énergie diminue de façon substantielle, or le Word Economy Outlook de l’International Energy Agency prévoit au contraire une augmentation. De nouvelles sources d’énergie non polluante seront-elles prêtes à temps de façon industrielle compétitive ? On pense à la plus prometteuse, la géothermie.



[1]Principalement le bois, les déchets urbains et agricoles et les déjections animales.

[2] Entre autre la disparition sous les eaux de villages. Notons que depuis 15 ans la production d’énergie d’origine hydraulique est restée stable.

[3]Le nucléaire représente 16,2 % de l’électricité produite. C’est de l’énergie non polluante mais non renouvelable. Elle doit être démantelée d’ici à 2020 et donc devient un passif qui devra être remplacé par de l’énergie verte.

[4]La production électrique ne représentant qu’un tiers de la consommation totale.

La France une démocratie ?

                      On peut se poser la question lorsque l’on constate   

      Le fossé profond  creusé  entre le peuple et les autorités le représentant.

L’école nationale d’administration (ENA) a pour mission de former les corps de hauts fonctionnaires. Or ils occupent aussi la majorité des postes gouvernementaux.  La séparation des pouvoirs entre l’administration et l’exécutif n’est pas respectée.
Les représentants de la fonction publique  sont surreprésentés à l’Assemblée Nationale qu’ils dominent. L’explication est connue. Pour eux, se présenter aux suffrages ne comporte aucun risque. Le fonctionnaire en fin de mandat électif retrouve son emploi. Il n’en va pas de même pour les dirigeants d’une entreprise ou pour l’agriculteur qui a quitté sa ferme ou le commerçant qui s’est retiré de son établissement…

Comme la plupart des démocraties la France a une chambre haute, le Sénat. Ses membres représentent les unités territoriales et sont élus au suffrage indirect par les élus locaux. Ailleurs les deux Parlements doivent approuver toutes nouvelles législations. En France un vote négatif du Sénat n’est dans les faits que consultatif. En dernier ressort c’est l’Assemblée Nationale qui décide.

Bien qu’élue au suffrage universel, l’Assemblée Nationale ne représente pas l’ensemble de la nation. Le système électif majoritaire, éliminent de fait des partis qui représentent moins de 10% de la population. La prime donnée au parti qui réunis le plus de voix lui permet d’être majoritaire au Parlement, même s’il ne représente que 20 ou 25% de suffrages.

Une majorité des électeurs se sentent ignorés. Ils ne sont pas ou mal représentés à l’Assemblée Nationale. Leurs élus territoriaux au Sénat sont dépourvus de tout pouvoir décisionnel. Le Parlement et le gouvernement sont dominés par les membres de la fonction publique. De nombreuses réformes urgentes sont ainsi bloquées. Un désenchantement du peuple envers les « politiques » en résulte. La crise grave que le pays traverse et les sacrifices qu’elles demandent  pousse ce mécontentement  à son paroxysme.  La multiplication des grèves et des rébellions locales en attestent. Pour  sortir de cette impasse dangereuse, il faudrait que les groupes politiques dominants aient le courage de décider de reformes qui restaurent la confiance du peuple envers ses dirigeants.

Cet article a été publié sur Le Cercle des Echos.

Transition énergétique : Le cas du nucléaire.

Les centrales nucléaires devront acquitter la nouvelle « contribution climat-énergie », désignation actuelle du projet de « taxe carbone ». Pourtant le nucléaire est une énergie « propre », elle ne produit pas de gaz carbonique (CO2). Certes, mais il faut bien trouver des fonds. « Les centrales nucléaires » sont amorties, elles sont donc très rentables. Elles doivent montrer leur solidarité.

On semble oublier qu’il est urgent qu’elles procèdent à des investissements très importants pour se conformer aux nouvelles normes de sécurité indispensables après la catastrophe de Fukushima.

On dénonce très justement que les sommes accumulées pour faire face aux démantèlements de centrales en fin d’exploitation sont insuffisantes. Il faut donc immédiatement que les exploitants les augmentent considérablement. Comment  pourront-ils le faire si la « taxe carbone » diminue leurs possibilités de financer  cette priorité ? On doit ajouter que chaque année supplémentaire d’exploitation permettra d’augmenter ces provisions pour un démantèlement qui devra intervenir tôt ou tard.

En fin de compte qui va payer cette « contribution climat-énergie » ? C’est une fois de plus l’Etat, puisqu’il détient 85% des actions du propriétaire de ces centrales, l’Electricité de France, et donc indirectement le contribuable.

L’énergie hydraulique, celle de nos barrages, est exemptée de toute taxe carbone. Pourtant, comme elle, l’énergie nucléaire est « propre », largement amortie et est assurée du combustible dont elle a besoin pendant la durée de vie qui lui reste.[1] Au nom d’une solidarité souvent évoquée, les énergies propres ne devraient-elles pas toutes acquitter la taxe carbone ?

 



[1]L’uranium dont le nucléaire français a besoin existe très largement pour assurer plus de 50 d’exploitation au rythme actuel et les 2/3 sont importés du Canada.

Les dangers qui menacent la Chine.

Ils peuvent remettre en question son modèle économique et compromettre sa présence mondiale.

La Chine n’est pas à l’abri de crises financières, mais leurs conséquences sont actuellement mieux contrôlables que dans les autres pays. Récemment Pékin a jugulé la crise aigüe de liquidités de ses banques par une injection de seulement $ 2,8 milliards. Des dizaines de milliards ont été nécessaires aux Etats Occidentaux confrontés il y a trois ans à la même crise.

Un capitalisme d’Etat qui contrôle la vie économique, une banque centrale aux ordres du pouvoir sont de puissants outils de régulation. Une dette de l’Etat de 45% du Produit Intérieur brut, des réserves de devises de $3,6 mille milliards donnent une puissance d’intervention sans égale.  Un strict contrôle des changes protège le pays de crises financières étrangères.

Ce contrôle des changes aurait dû être aboli lorsque la Chine a rejoint l’0rganisation pour le Commerce Mondial. Pékin peut encore moduler son taux de change pour favoriser ses exportations.  En 2012, les salaires ont encore augmenté de 17%, rendant la production chinoise moins compétitive.  La consommation intérieure en sera stimulée.  Le potentiel d’augmentation de la productivité est important. Un accroissement de l’automation des tâches jouera un rôle essentiel. Aux biens de consommation courante en déclin viendront s’ajouter des produits industriels à valeur ajoutée plus importante. C’est déjà le cas pour les installations de télécommunication et les PC, tablettes et smartphones. Les TGV, les centrales électriques, les avions moyens courriers…suivront dans la prochaine décade.

La politique de restriction des naissances devrait constituer un sérieux handicap au développement économique du pays. Cette politique ne devrait pas avoir de conséquences majeures pendant les dix à quinze ans à venir. Rappelons que l’âge moyen de la population chinoise est actuellement de 32 ans. Il est de 39 ans aux Etats-Unis et de 42 en Allemagne, les principaux concurrents sur le marché international.

Les provinces chinoises, particulièrement celles du Sud et d’Ouest, ont été pendant des siècles des foyers insurrectionnels. Leur extrême pauvreté par rapport au reste du pays, leurs confessions religieuses et leurs langues  souvent différentes  expliquent ces révoltes contre le pouvoir central. Les autorités de Pékin sauront-elles y faire face ?

Dans dix ans la Chine dominera-t-elle l’économie mondiale ?

En quelques années les avancées économiques de la Chine ont radicalement transformé le pays et surpris le monde par leur ampleur. 5 000 kilomètres de TGV sont déjà installés. Ils représentent 50% des réseaux TGV de la planète et se comparent aux 2 100 km. de la SNCF. Les métros en service en Chine sont cinq fois supérieurs aux 400 km. du métro londonien. Il s’en construit des centaines de km. par an. Au cours des cinq dernières années, 50 000 km. d’autoroutes ont été ouvertes au trafic portant le total à 100 000 km. Pour rouler sur cet imposant réseau, en 2012, 19,3 millions de voitures ont été vendues, le double de la production américaine.

D’ici 2020 la part du nucléaire dans l’électricité passera de 1,1% à 4,4%. La production des 25 réacteurs en service passera de 12 gigawatts à 60 gigawatts en 2020, ce qui correspond à la construction de cinq nouveaux réacteurs par an.  40% de l’acier produit dans le monde est chinois. Dans des domaines aussi sophistiqués que les télécommunications avec Huawei et de l’informatique avec Lenovo, de nombreuses entreprises chinoises s’imposent dans le monde. La Chine fait partie du club des trois pays ayant envoyé un homme dans l’espace.

Les centaines de milliers d’ingénieurs qui sortent chaque année des universités assureront les développements futurs du pays. D’autant  plus que l’innovation constitue une priorité dans l’enseignement. Le marché intérieur est immense. La classe moyenne compte 400 millions de personnes et augmente de quelque 40 millions par an. L’économie d’échelle qui en résulte, un des importants facteurs qui a permis aux Etats-Unis de dominer le monde économique, prend ici une dimension inconnue à ce jour. De plus, dans les dix années qui viennent, la Chine disposera d’usines et d’infrastructures neuves et performantes, ce qui constitue un avantage substantiel sur celles vieillies du monde occidental .

Jusqu’à présent la Chine s’imposait comme le premier exportateur de biens de consommation. Dans les années qui viennent il en sera de même pour des produits industriels sophistiqués à haute valeur ajoutée. Il est probable que la Chine va devenir ce qu’elle a été pendant dix-huit siècles : la première puissance du monde.